Bibl. nat., ms. Dupuy 661, fol. 127 v
7. LcLimosin, p. 1 ; Le Fantassin qui passe partout, Paris, 1619, in-12, p. 7; le Manifeste de la reine mère, Blois, 1618, in-12, p. 11 ; Mathieu de Morgues, la Restauration de l'État, Paris, 1617, in-12, p. 18.
croyait plus pouvoir dénouer et d'ailleurs encore tout de même confiante ou insouciante. Mais il était un personnage auquel elle ne prêtait guère attention, qui. lui, n'était pas insouciant : c'était le roi.
Jeune garçon de seize ans, modeste et timide, Louis XIII avait été élevé dans l'appréhension de sa mère. Il ne connaissait guère ses caresses. Marie de Médicis, dénuée de tendresse de cœur, s'était toujours montrée sèche à son égard; le fouet avait été son principal moyen d'action; elle avait tenu son fils par la crainte, et Saint-Simon répète quelle le souffletait ^ Qu'était-il pour elle, sinon un enfant insignifiant! Terrifié par la régente, le petit prince se fermait devant elle, demeurant muet, sans expansion, sans élan. Au fond, elle l'ignorait et, le prenant pour un sot, le méprisait. Ils se voyaient peu, quelques minutes le matin, à onze heures, quelques minutes après le dîner, et le soir après souper de même. On amenait le roi à sa mère régulièrement, démarches protocolaires et, par suite, sans attrait. Marie de Médicis lui adressait à peine la parole ; l'enfant s'occupait, jouait, puis se retirait sans qu'il y eût eu entre les deux êtres le moindre contact-. On disait que la souveraine, tenant à conserver l'entière direction du royaume, avait intérêt à laisser végéter le prince dans une minorité
i. Voir la scène racontée par du Vair {Anecdotes de Vhisloire de France Urées de la bouche de M. du Vair, dans Mémoires de Marguerite de Valois, éd. Lalanne, 1858, p. 298); Saint-Simon, Parallèle des trois premiers rois Bourbons, p. 9; du même, Écrits inédits, t. YllI, p. 206.
2. Journal d'IIoroard, BibL nat., ms. fr. 4025, loi, 282 v°. Nous citerons le manuscrit d'IIéroard, plutôt que l'édition donnée par Soulié et Barthélémy, (Paris, 1868, 2 vol. in-S"), en raison de l'insuffisance de cette publication.
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indéfinie : de fait, elle ne l'entretenait jamais d'affaires, ne voulait pas qu'on lui en parlât. Elle racontait à qui voulait l'entendre « qu'il étoit incapable de s'en occuper, qu'il avoit l'esprit trop faible, trop peu de jugement; que sa santé n'étoit pas assez forte pour prendre ces soins » \ Lorsque les princes révoltés lui reprochaient de tenir le roi « captif, privé d'autorité, sans liberté », les ministres répondaient avec assurance, par la plume de Richelieu, que Marie de Médicis « ne prenoit cognoissance des affaires qu'à l'instante prière et supplication de son fils » '. Très rarement appelait- on le prince au Conseil, lorsqu'il n'y avait pas moyen de faire autrement et à condition qu'il n'ouvrit pas la bouche '. Une fois, il osa y venir de lui-même pour savoir ce que l'on y discutait. La reine se leva vivement, le prit par le bras, et « le pria de s'aller esbattre ailleurs ». Ce n'était plus un enfant; Il rougit de honte M « Le roi. disait Marie de Médicis au nonce, n'est pas disposé à gouverner; il me dit qu'il ne peut supporter le poids des affaires en raison de son âge et du peu de goût qu'il a pour l'administration » ^ Elle mentait. Le roi ne lui avait jamais rien dit de pareil. Les ministres à leur tour renchérissaient. Richelieu assurait « en jurant » que la reine faisait tout ce qu'elle pouvait pour décider le roi à s'appliquer au gouvernements Mais les gens de cour n'étaient pas