‹ Le roi Louis XIII à vingt ansChapitre 172 sur 345 · Bentivoglio, Lettcre, t. 1, p. 287, 500; t. Il, p · texte numérisé non relu

Bentivoglio, Lettcre, t. 1, p. 287, 500; t. Il, p

4. Dépêche de Monteleone au roi d'Espagne, Arch. nat., K. 1474, n" 41.

5. Mathieu de Morgues composa des plaidoyers. Sur M. de Morgues, voir C. Perroud, Essai sur la vie et les œuvres de Mathieu de Morgues abbé de Saint-Germain, 1382-1670, dans : Annales de la Soc. d'agricult. du Puy , 1863, t. XXVI, p. 205.

OU affecter Je croire que ce n'était pas sa mère qui s'agitait ainsi. Il lui écrira plus tard : « J'ai dissimulé beaucoup de choses faites contre moi et mon Etat par plusieurs personnes qui vouloient faire croire qu'elles le faisoient par votre participation et pour votre service. Je vous en ai fait tout le détail confidemment et vous ai assuré que je n'avois jamais cru que vous eussiez pris aucune part à leurs mauvais desseins ni même que vous eussiez rien su ^ ». Un incident plus grave allait compliquer la situation.

En février 1618 on découvrit toute une intrigue menée entre la cour de Blois, Barbin, qui était enfermé à la Bastille, des seigneurs du royaume. Il ne s'agissait de rien moins que de faire revenir Marie de Médicis à Paris de force, « de la remettre en autorité et dans les affaires, sans que le roi y consentit, » ou, comme le disait Sully, « placer le roi en tutelle, l'autorité royale en séquestre et mettre celle-ci es mains de personnes qui eussent, peutêtre, pis fait que ceux qui servaient de prétextes aux plaintes-. » Le valet de chambre qui allait et venait de Paris à Blois, pour porter la correspondance, livra les lettres : nombre de gens se trouvèrent compromis : on prononça les noms de Rohan, Montbazon, Epernon, Bellegarde; on ajouta que Marie de Médicis était en correspondance avec l'étranger : Barbin paraissait l'àme de l'affaire. Extrêmement irrité, le roi fit procéder à des arrestations immédiates : trois conseillers d'Etat furent chargés de procéder à une enquête judiciaire : le procès

1. Lettre de Louis XIII à Mnrie de Médicis de 1619, Bibl. nat., Cinq Cents Colbert 98, p. 25.

2. Pontchartrain, Mém., éd. Michaud, p. 399: Sullv, Écoi.omics royales, éd. Michaud, t. II, p. 479.

de Barbin et de ses complices allait se poursuivre devant le grand ConseiP.

A la nouvelle de ces mesures, Marie de Médécis eut une vive émotion dont l'écho parvint jusqu'à Paris. L'ancienne régente déclara avec colère que si Barbin était coupable, il fallait le châtier, mais qu'elle ne pouvait pas, elle-même, demeurer en état de suspicion : qu'on la traduisit devant le Parlement, et qu'on lui fit son procès comme « à une femme ordinaire!" » Le gouvernement fut inquiet. Surprise, Marie de Médicis n'allait-elle pas, d'un coup de tête, marcher inopinément sur Paris? A tout hasard, le gouvernement envoya quelques compagnies de cavalerie cantonner autour de Blois, afin de surveiller les routes. M. de Roissy, ancien conseiller d'Etat, fut chargé de se rendre auprès de Marie de Médicis afin de la calmer, « d'essayer de la détromper des ombrages qu'on lui donnoit , » en réalité pour demeurer auprès d'elle « et veiller sur les actions de ceux qui l'approchoient ». M. de Roissy « fit murer certaines petites portes du château de Blois par où l'on étoit averti qu'entroient la nuit des gens qui alloient et venoient trouver la reine mère ^ » Marie de Médicis

1. Cette affaire est longuement contée par les contemporains; voir : Pontchartrain, op. et loc. cit. (le mieux placé pour savoir et le plus précis); IX^ageant, i»/ém., éd. de 16G8, p. 123; Richelieu, M«?m., éd. Michaud, t. I, p. 176, 179, 180, 184, 185 (le plus détaillé); Arnauld d'Andilly, il/e'm., éd. Michaud, p. 428; Rohan, Méni., même édition, p. .513; les dépêches de Contarini des 5 et 6 avril 1018 (Bibl. nat., ms. ital. 1772, p. 32, 41, 177); Bentivoglio, Lcttcre, t. II, p. 295; et pour les conclusions du procès, M. Mole, Mém., éd. Champollion-Fipeac, p. 216.

2. Lettre du nonce du 4 avril 1618, Bentivoglio, Lettcre, t. II, p. 316.

3. Sur la mission de M. de Roissy, et ses conséquences voir une note du ms. fr. 3811 de la Bihl. nat., fol. 6 V>; une lettre du P. Suffren à Bérulle du 14 octobre 1618 {Etudes, t. XII, p. 740); les lettres du nonce Bentivoglio, Lettere, t. II, p. (253); les dépêches de Contarini du

fut outrée! Ainsi, on la « resserroit », on la mettait en surveillance! Elle répéta que si elle avait commis une faute on devait lui faire son procès ! Ecrivant plus tard à Sully, elle lui parlait « des mauvais traitements que je souffrais à Blois, disait-elle, et qu'on ne se seroit pas persuadé dans l'état où vous m'avez vue du vivant du feu roi Monseigneur et mari et depuis, dans la puissance et l'autorité de ma régence, qu'une personne de ma qualité et de ma dignité put être sujette! ' » Elle se borna à déclarer à Louis XIII; « qu'elle n'avait pas été sans quelque petit déplaisir devoir M. de Roissy en la charge qu'il avoit auprès d'elle^ ».

Mais, dès lors, elle n'eut plus qu'une idée : s'enfuir. Puisqu'elle ne pouvait pas revenir à Paris, elle se réfugierait dans une place quelconque, celle d'un grand seigneur, de d'Epernon, par exemple, qui lui avait été si fidèle le lendemain de la mort d'Henri IV et l'était demeuré. Dès le mois de mai 1618, le bruit courait, à Paris, de ses projets de fuite dans une ville dépendante du duc^ Louis XIII, informé, donna l'ordre de surveiller Epernon. Un voyage que fît celui-ci, à ce moment, à Metz, excita les soupçons. Les sentiments réciproques des cours de Paris et de Blois ne faisaient que s'aigrir. « Si cela continue, écrivait le nonce, le gouvernement finira par enfermer la reine mère à Amboise ou la ren-

26 février et 4 mars 1018 (Bibl. nat., ms. ital. 1771, p. 623; 1772, p. 7); \es Mém. de Déageant, p. 131, de Fontenay-Mareuil, p. 123.

1. Lettre de Marie de Médicis à Sully du 28 mars 1619, Bibl. nat,. Cinq Cents Colbert 97, fol. 95 r°.

2. Lettre de Marie de Médicis à Louis XIII, non datée, Bibl. nat., ms. fr. 3811, fol. 7 r'\

3. Dépèche de Gontarini du 23 mai 1618, Bibl. nat., ms. ital. 1772, p. 90.

voyer en Italie » : « On voudrait bien, disait-il, quelques jours plus tard, mettre l'ancienne régente dans la nécessité de demander elle-même à sortir du royaume pour se retirer à Florence ». Le Saint-Siège partageait les impressions défavorables du nonce : « C'est bien par son impatience et son obstination, mandait le secrétaire d'Etat, cardinal Borghèse, que la reine a réduit les choses au point oii elles sont aujourd'hui! ' »

Le gouvernement prit des mesures. 11 interdit à l'envoyé du grand duc de Toscane d'aller voir Marie de Médicis et, sur divers soupçons, fît emprisonner le secrétaire de cet envoyé. On arrêta le fils de l'agent du duc de Lorraine qu'on supposait jouer le rôle d'intermédiaire entre d'Epernon et Marie de Médicis ^ La surveillance de Roissy devint rigoureuse. « La reine est gardée bien soigneusement » ! écrivait Rohan. Au dire de Richelieu, « nul n'entroit plus chez Marie de Médicis que Roissy n'en voulut avoir connaissance; nul ne lui parloit qu'il ne s'enquerrât du sujet ». Richelieu prétend que Roissy interdit à la reine de sortir de l'enceinte de la ville; qu'il limita ses promenades et lui défendit de voir personne sans sa permission : elle était ainsi traitée avec « rigueur et indignité »^ Comme l'avait prévu le

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