Arch. des Aff., étrang., France 775, fol. 84 v
3. Retz répète le propos à Marillac qui le mande à Richelieu; lettre du 29 décembre 1621, Ibid., fol. 86 v".
4. « Bien des gens pensent que la raison d'État seule a voulu que l'on donnât bon espoir à la reine mère pour la faire reculer devant des pensées et des desseins qui pourraient ôtre contraires à ceux des favoris ■> (les ministres, maintenant). Dépêche de l'envoyé florentin du 23 décembre 1621, dansZeller, Richelieu et les ministres, p. 8.
(les plus ardentes prières que je fais à Dieu'. » Elle cherchait à lui rendre des services, le mettant au courant du moindre fait qui venait à sa connaissance, multipliant les formules de son dévouement inaltérable : « Je vous supplie, monsieur mon fils, de croire qu'en toutes occasions que je jugerai importantes pour le bien de votre service et de votre Etat, je m'y porterai avec une nîème passion que si c'étoit pour la vie. » « Je vous supplie de croire que si je pouvois, en meilleures occasions que celle qui s'est présentée, contribuer au bien de votre service, je le ferois de tout mon cœur- ». Elle ajoutait qu'elle ne voulait certainement pas se mêler du gouvernement, mais qu'en raison de son expérience passée, elle était en mesure d'apporter au roi, sur certaines questions, l'avis que pouvait donner une reine mère ancienne régente ^ Elle écrivait lettres sur lettres, circonspectes, mesurées, pleines d'affection. Suivant ses ordres, Marillac ne quittait pas Louis XIII. De temps à autre elle envoyait Richelieu en mission près du roi. Louis XIII demeurait impassible. « Le roi, écrivait Corsini le 10 janvier 1622, a toujours peur qu'elle ne veuille le conduire comme du temps de Concini : le prince est ombrag-eux et récalcitrant; il ne se livrera que quand il sera persuadé qu'elle ne veut autre chose que de le voir tenir lui-même les rênes du gouvernement d'une main ferme. » Sur une demande faite en son nom à Puisieux
1. Bibl. nat., ms. fr. 3708, fol. 43 \°, 47 r". Ce " petit Saint Louis de relief en or, enrichi de perles et de diamants >■ lui avait coulé 10 000 écus. Le roi répondit en envoyant une paire de pendants d'oreilles de 13 000. (Dépèche du nonce Corsini du 9 février 1622, Arch. nat., L. 397, fol. 349 v°.)
2. Lettres de Marie de Médicis à Louis XIII des 4 et 16 mai 1622, Bibl. nat., ms. fr. 3708, fol. 51 \°, 32 r°.
3. Dépêche de Pesaro du 19 janvier 1622, Bibl. nat., ms. ital. 1777, p. 212,
pour connaître s'il y avait quelque espoir que Marie de Médicis entrât au conseil, le ministre, au dire encore de Corsini, avait répondu nettement : « non! », et le roi, informé, avait déclaré que le secrétaire d'Etat avait « très bien fait. » Interrogé plus directement par Richelieu, Louis XIII avait catégoriquement signifié « qu'il vouloit régner seul'! » « Bien que la fin du connétable eut fait finir le règne d'une malice ouverte, a écrit ensuite Richelieu dans ses Mémoires, celui de l'artifice ne l'étoit pas : on tendoit toujours aux mêmes fins; mais par diverses voies ; les ministres vouloient établir leur afîermissement à son préjudice (de la reine mère). » Après Luynes, c'étaient maintenant les ministres qui maîtrisaient le roi"!
Marie de Médicis se fit de plus en plus prudente. Elle félicita Louis XIII « de vouloir régner » : elle lui pariait, le 16 janvier, « de la joie que m'apporte la grande réputation que vous acquérez de jour en jour par la connaissance entière que vous prenez de vos affaires, ce que je vous conjure vouloir continuer ». Elle le complimentait des choix de ministres qu'il faisait ^ Mais en même temps elle agissait, ou plutôt autour d'elle, on la faisait agir.
Des libelles parurent qui vantèrent les mérites de l'ancienne régente. On demanda ouvertement qu'elle fut admise au conseil : « Toutes les mères de nos rois, disait-on, ont fortifié et assisté l'État de leurs sages et
1. Dépt^'cbes du nonce Corsini des 10 et 30 janvier 1622, Arcli. nat., L. 397, fol. .348 r° et 367 v°.