Richelieu, Mém., t. 1, p
■i. Lettres de Marie de Médicis à Louis XIII des 7 et 16 janvier 1622, Bil)l. nat., ms. fr. 3708, fol. 45 v% 46 v°; et 3811, fol. 66 r" et 64 r°.
fidèles conseils ». On citait Blanche de Castille, Catherine de Médicis ; on multipliait les raisons de bon sens, d'utilité générale, de sentiment qui devaient faire prendre cette mesure. On multiplia les instances, les pressions, les manœuvres ^
Devant ce qu'il crut être un mouvement de l'opinion, Louis XIÏI, surpris, finit par hésiter. Le 31 janvier 1622, il se décidait à admettre que sa mère put assister aux délibérations de quelques conseils. Il l'appellerait donc à certaines réunions. Il prenait ce parti plutôt par souci de sa propre réputation, disait Pesaro, que pour vraiment initier sa mère aux affaires ; il ne ferait entrer Marie de Médicis qu'à des conseils dans lesquels on ne dirait rien d'important". Dès les premières séances, elle s'en aperçut. « Elle reconnut bien, écrivait Richelieu, qu'on étoit en garde d'elle, qu'on ne lui faisoit voir que la montre de la boutique et qu'elle n'entroit point au magasin; mais elle ne fit pas mine de le reconnaître, espérant de surmonter ces difficultés par sa bonne conduite^ ». Le roi entendait prendre les décisions essentielles sans la consulter; il se bornerait à s'excuser de ne lui en avoir pas parlé. Venant de faire des nominations de ministres qu'elle ignorait, il lui écrivait : « Le peu de personnes qui restoient en mon conseil et les grandes affaires qu'y s'y rencontrent tous les jours, m'ont fait
1. Remontrance faite à la roine mère sur les affaires de ce temps, 1622, in-12, p. 4 et 5; Jean d'Alary, la Vertu triomphante de la fortune oii est parlé des grands services rendus par la reine mère à la France, Paris, R. Daufresne, 1622, in-12.
2. Dépêche de Pesaro du 14 février 1622, Bibl. nnt., iiis. ital. 1777, p. 243; « Journal ■> d'Arnauld d'Andilly, Bibl. de l'Arsenal, ms. 5181, fol. 1 v°.