‹ Le roi Louis XIII à vingt ansChapitre 194 sur 345 · Ihid., p. 122 et 124 (lettre du 28 août · texte numérisé non relu

Ihid., p. 122 et 124 (lettre du 28 août

3. Ibid., p. 126. « Je serai samedi à Paris, écrit encore Louis XIll à Anne d'Autriche {ibid., p. 124), où je m'acheminerai d'autant plus volontiers que je sais de n'y être pas seulement souhaité d'un chacun, mais attendu de vous avec impatience. C'est avec un désir pareil au vôtre que je vous donne le bonsoir ».

4. Lettre d'Anne d'Autriche à Luynes du 20 octobre 1620, Arcl>. du château de Dampierre.

interroge : « Vous avez si bien fait la bouche à tous ceux qui viennent ici qu'il est impossible de tirer d'eux aucune certitude de la venue du roi '. » Nous devinons son affection à travers les lettres de Louis XIII.

Les sentiments demeurent les mêmes l'année suivante 1621 : « Je vous aime plus que ce qui est au monde », dit le roi. « Quelques affaires qui adviennent, je n'ai contentement autant que de penser à vous et vous témoigner que je vous aime autant que vous le désirez. » - En mars on crut que les espérances attendues allaient se réaliser. Elles devaient être déçues comme les précédentes. ^ La mort du père d'Anne d'Autriche arrivant sur ces entrefaites, la jeune reine, ébranlée par cette déception, en reçut un coup douloureux. Elle aimait son père. Sa peine fut extrême. Enervée pour d'autres raisons elle manifesta un véritable désespoir. Tout le monde l'entourait, cherchant à la calmer, à la consoler. Le roi s'empressait, affligé au dernier point : il ne savait que faire entourant Anne d'Autriche de caresses, pleurant lui-même. ^

1. Lettre du 3 novembre 1020, Arcli. du château de Danipierre.

2. Lettre de Louis XIll à Anne d'Autriche, 1021, Bibi. nat., Cinq Cents Golbert 98, p. 138.

3. Dépêche du nonce Corsini du 12 mars 1021, Arch. nat., L. 397, fol. 326 v". Nouvelles espérances en juin, également déçues (dépêche de Priuli du 27 juin 1021, Bibl. nat., ms. italien 1770, p. 220).

4. Dépêche de Priuli du 13 avril 1621, Bibl. nat., ms. ital. 1770, p. 92, traduite dans B. Zeller, le Connétable de Luynes, p. 04. Nous avons l'original de la lettre de condoléances écrite à Madrid par Louis XIII pour la mort de son beau-père Philippe III, et datée de Fontainebleau, 10 avril 1621. Elle es.t revenue d'Espagne avec les autres papiers de Simancas, conservés aux Archives nationales (Arch. nat., K. 1478, n" 71a). Louis XIII fit célébrer des offices solennels pour le repos de l'âme de son beau-père (Les Cérémonies royales observées à Fontainebleau et dans Véglisc Notre-Dame de Paris, le jeudi 29 avril et samedi 1" mai, aux obsèques et funérailles du 1res catholique roi d'Espagne, par le commande^

Lorsqu'il partit pour sa campagne de iG2l contre les protestants du midi, il voulut que la reine le suivît, au moins à quelque distance. En avant avec les troupes, ou près du feu dans les sièges, il prenait quelques heures de liberté afin d'aller revoir la petite reine. Les notes d'Héroard ne laissent aucun doute sur l'intimité affectueuse des époux. De son côté, Anne d'Autriche s'inquiétait du roi qu'elle savait brave, téméraire; elle priait Luynes de veiller sur lui pour l'empêcher de s'exposer au danger ^ Pendant le siège de Montauban, elle s'était logée à Moissac, dans l'évêché, demeure plus confortable que le château de Piquecos, quartier général de Louis XIIL L'un et l'autre venaient à tour de rôle : le roi partait à cheval sur les trois heures de l'après-midi, arrivait à Moissac vers cinq heures et demie, soupait, couchait et repartait le lendemain matin à cinq heures. Anne d'Autriche venait à Piquecos en carrosse, le matin, déjeunait, repartait à trois heures : visites tendres, sans cérémonial, entrevues intimes loin de tout regard profane. '" Il tardait bien un peu à la petite reine de rentrer : « Vous aurez bientôtle contentement de me voir, écrivaitelle à madame de Monglat, ayant résolution de faire si bonne diligence à m'en retourner que j'espère être dans un mois à Paris^ » Hélas! elle l'eut moins désiré si elle

ment du roi, Paris, 1621, in-12). Le 28 avril, le nouveau roi Philippe IV écrivait au duc de Luynes pour le remercier des attentions qu'il avait à l'égard d'Anne d'Autriclie (Arch. nat., K. 1377, n° 51).

1. Lettre d'Anne d'Autriche à Luynes, le remerciant « de me tirer de la peine ou j'estois de ce que le roi étoit à la Iranchre ■>, 1621. (Arch. du château de Dampicrre).

2. On peut suivre dftns Héroard chacun de ces voyages (Bibl. nat., ms. fr. 4026, fol. 490 r", 493 r°, 5U0 r", 505 r", 509 r"). Lorsque Anne vient à Piquecos, « M. le connétable lui donne à diner ».

3 Lettre d'Anne d'Autriche à madame de Monglat, datée de Moissac, 3 novembre 1(321, Bibl. nat., ms. fr. 3818, fol. 20 r".

avait su qu'une crise allait en résulter qui devait être grave, troubler de nouveau le ménage et faire reprendre à Louis XIII son humeur fâcheuse d'antan.

Parlant de cette crise de 1622, madame de Motteville, écho peut-être de la reine, accuse Marie de Médicis, la belle-mère, d'en avoir été cause. Après la mort du connétable de Luynes, dit-elle « la reine Marie de Médicis, s'étant accommodée avec le roi, la paix entre lanière et le fils brouilla le mari et la femme. La reine mère étant persuadée que, pour être absolue sur ce jeune prince, il fallait que cette jeune princesse ne fût pas bien avec lui, travailla avec tant d'application et de succès à entretenir leur mésintelligence, que la reine sa belle-fille n'eut aucun crédit ni aucune douceur depuis ce tempslà ». ' Il y a eu cette raison; il yen a eu d'autres.

De retour du siège de Montauban à la suite duquel le connétable de Luynes était mort, Louis XIII était rentré à Paris ulcéré, pour beaucoup de motifs, contre la mémoire de son ancien favori. Ses dispositions n'étaient rien moins que favorables à l'égard de la famille de Luynes. - Les frères de celui-ci comprenant, s'effacèrent. La veuve, à ce moment, était des plus intimes avec la reine qu'elle avait suivie pendant la campagne, qui l'aimait tendrement et trouvait un plaisir infini à sa gaieté légère. Or cette gaieté légère était précisément une des causes de sérieuses préoccupations contre madame de Luynes. ^ De mœurs plutôt suspectes, la duchesse passait

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