‹ Le roi Louis XIII à vingt ansChapitre 211 sur 345 · Bibl. nat., ms. Dupuy 661, fol. 127 v · texte numérisé non relu

Bibl. nat., ms. Dupuy 661, fol. 127 v

entourer de soins *. De loin comme de près, il s'inquiète, demande de leurs nouvelles. Il aime beaucoup Chrétienne, laquelle en personne vive, le lui rend : « Il aimoit fort Madame, écrit Fontenay-Mareuil, laquelle a aussi toujours eu une telle passion pour lui, qu'elle ne s'en est point démentie, quoiqu'il soit arrivé, ce que n'ont pas fait ses autres, sœurs-. » Il la verra partir avec regret, au moment de son mariage avec le prince de Piémont. « Je veux croire, que vous l'aurez bien chère, écrira-t-il de sa petite sœur au duc de Savoie, parce qu'elle emporte avec elle une partie de mon cœur. » Il mandera à Chrétienne : « Vos actions d'une bonne sœur m'obligent à vous aimer davantage, ce sera de tout mon cœur^ »

Ce mariage avec le prince de Piémont a été une affaire que Louis XIII a menée diligemment. Il en avait été question déjà du temps d'Henri IV. Henri IV, il est vrai, destinait à la couronne ducale de Turin sa fille Elisabeth que Marie de Médicis avait ensuite donnée à l'infant d'Espagne*. La tension des rapports avec la Savoie, en 4617, ayant obligé le gouvernement à envisager les moyens de les améliorer, on avait repris le projet au nom de Chrétienne. Les négociations avaient suivi un cours favorable'^ et, en novembre 4618, le cardinal de Savoie venait

1. Reçu d'Abel Brunier, médecin du roi, de 600 livres, pour les frais de deux voyages faits « pour le secours de Mesdames, sœurs de Sa Majesté, estant lors malades. » (E. Charavay, Collection de lettres autographes du règne de Louis XIII, p. 28.)

2. Fontenay-Mareuil, Mc'in., éd. Michaud, p. 172, à la date de 1G22.

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