Bibl. nat.. Cinq Cents Colbert 486, fol. 262 v
du gouvernement de la Bretagne, il le tient de court. Lorsque M. de Vendôme essaie de l'inviter à dîner dans son bel hôtel du faubourg Saint-Honoré — où il habite et non au Louvre — Louis XIII refuse\ Les lettres qu'il adresse « à mon frère de Vendôme » révèlent une bienveillance d'un ton protecteur. Elles sont froides, courtoises cependant : le roi assure Vendôme « de sa bonne volonté envers lui et pour toute sa famille'. » Bien que l'autre soit riche, s'il est pressé de dettes, le roi, le cas échéant, consentira à en acquitter une partie, afin de lui venir en aide et de lui faire plaisir^ Mais il le maintiendra à distance et attendra de lui des marques d'obéissance. Il n'y a aucune intimité entre eux.
Il n'y en a pas davantage avec l'autre frère, Alexandre, chevalier de Vendôme, qui, d'ailleurs, suit César et fait cause commune avec lui. On le considère comme une méchante nature, aussi dangereuse que celle de son frère, antipathique, fausse, dissimulée, portée au mal plus qu'au bien. Louis XIII veut qu'il soit encore plus à l'écart; celui-ci, qui n'est pas marié, appartient à l'ordre de Malte; il est grand prieur de l'ordre, pourvu d'abbayes. Sa situation est moins considérable que celle d'un gouverneur de Bretagne, héritier de l'ancienne fortune des Mercœur ; il est plus facile à négliger : il mourra en prison, en 1629, enfermé en même temps que son frère *.