‹ Le roi Louis XIII à vingt ansChapitre 219 sur 345 · Iléroard, Bibl. nat., ms. fr. 4023, fol. 435 v · texte numérisé non relu

Iléroard, Bibl. nat., ms. fr. 4023, fol. 435 v

2. Bibl. nat., ms. fr. 3722, fol. 74 r° et \°\ lettre du 8 septembre 1623.

3. Arrêt du conseil, dans ce sens, du 7 octobre 1617, Bibl. nat., ms. fr. 18192, fol. 4r°; Arch. nat., E. 57, fol, 11 r°.

4. Richelieu écrira de lui plus tard : « le grand prieur, méchant pour l'État, pour le roi et pour tout. » (Avenel, Lettres de Richelieu, t. 111, p. 218).

Louis XÏII met plus de nuances dans ses rapports avec la sœur, mademoiselle de Vendôme, jeune fille gaie et rieuse, ne complotant pas, n'ambitionnant rien. Moins sévère à son égard, il la chargera d'accompagner la Princesse de Piémont qui va quitter la France : « Le choix que je fais de votre personne, lui écrira-t-il, pour être près de ma sœur, ne vous peut que beaucoup contenter, puisque c'est vous témoigner l'estime que je fais de vous '. » Il la mariera en janvier 1619, magnifiquement, avec un prince de Lorraine, Charles de Lorraine, duc d'Elbœuf et, au contrat, lui donnera 300 000 livres ^ En toutes occasions il lui témoigne une sympathie qui, sans être très grande, n'en est pas moins réelle : « Ce que je pourrai apporter d'aide et de secours à votre soulagement, » écrit-il à « ma sœur de Vendôme », un jour 011 celle-ci est atteinte d'un deuil douloureux, « je le ferai de toute mon afTection désirant vous témoigner que j'aime votre bien, votre repos et votre maison ^ » Des trois Vendôme, c'est celle-ci qui est la mieux vue.

Mais quelle différence, avec les Verneuil, et surtout avec le frère préféré, Henri de Bourbon marquis de Verneuil, doux et obéissant enfant, gêné de sa situation fausse, et qui s'applique à vivre modestement M II ne

1. Lettre de Louis XIII à « ma sœur de Vendôme », Bibl. nat., ms. fr. 3722, fol. 74 v°.

2. Nous avons le texte du contrat, daté du 19 janvier : Bibl. nat., ms. Clairambault 375, fol. 186 r"; Arch. des Aff. étrang., France 772, foL 64 r°. Cf. E. Gharavay, Collection de lettres autographes du règne de Louis XIII, p. 37; ordre de payer les 300 000 livres, 19 janvier 1619. Nous avons vu plus haut (p. 403) à quoi servit ce mariage dans l'histoire du ménage de Louis XIll.

3. Lettre de Louis XIII datée de Saint-Germain-en-Laye du 8 septembre 1623, Bibl. nat., ms. fr. 3722, fol. 75 r".

4. Sur Henri de Verneuil, voir J. Chautard, Notice sur Henri de Bourbon marquis de Verneuil, évêque de Metz, Vendôme, 1897, in-S". Tristan l'Her-

s'impose pas : prudent et réservé, il se montre plein de prévenances, empressé, attentif. Aussi l'aime-t-on. Louis XIII est son parrain : il se considère comme tenu de le conseiller, bien qu'ils soient tous deux du même âge, de s'occuper particulièrement de lui : il a une charge morale, et il s'en acquitte. Le marquis de Verneuil est d'un caractère si aimable! Ne les jugeant pas, lui et sa sœur, assez intéressés, la mère, la marquise de Verneuil, les traite des « plus sots enfants du monde'. » Ce n'est pas le jugement du roi. Louis XIII sait gré à Henri de Verneuil de toutes ses attentions : « J'ai cette créance, lui écrit-il, que vous affectionnez toujours ce que j'aime et que vos pensées ne sont qu'à me plaire-. » Il s'occupe de ses études, le met au collège des Jésuites de Clermont, en 1618. Venant de faire rétablir l'enseignement des Jésuites, malgré une opposition ardente, il a voulu donner ce témoignage de sympathie aux religieux de leur confier son frère. Il suit les progrès de l'écolier : « Mon frère, lui écrit-il, j'ai tant d'affection à votre bien que vous le connaîtrez en tout ce qui regardera votre honneur et avancement. J'aurai soin de la prière que vous m'avez faite par votre secrétaire : laissezmoi cette pensée et ne donnez cependant à votre esprit que l'entretien nécessaire pour faire le progrès que je vous désire en vos études, autant que j'ai de soin de vous élever aux honneurs convenables à votre condi-

inile, dans son roman le Page disgracié (Paris, A. Boutonne, 1667, in-12, l. I, p. lôetsuiv.), met en scène, sous un nom supposé, Henri de Verneuil et nous renseigne sur le caractère ainsi que l'éducation du jeune personnage. Le page disgracié est placé auprès de l'évêque de Metz.

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