‹ Le roi Louis XIII à vingt ansChapitre 220 sur 345 · Tallemant, Hisloriettcs, éd. P. Paris, t. II, p · texte numérisé non relu

Tallemant, Hisloriettcs, éd. P. Paris, t. II, p

2. Lettre de Louis XIII à Henri de Yerneuil, datée de Barbezieux, 5 janvier 1622, Bibl. nat., ms. fr. 3722, fol. 77 v».

tien. Je souhaite de vous voir d'autant plus capable de les posséder avec mérite \ » Aux vacances, Henri de Verneuil, n'a pas de plus grande joie que d'aller rejoindre le roi son frère; il sollicite la permission de venir et Louis XIII la lui accorde volontiers : « J'estime le dessein que vous avez pris pour passer le temps de vos vacations, lui répond le roi. Vous n'en pouvez avoir un meilleur ni qui me fut plus agréable. Je trouve bon que vous veniez où je serai lorsque vos leçons finiront et aurai à plaisir de vous voir, comme je crois que votre plus grand contentement sera de vous approcher de moi qui vous rendrai en toutes occasions des témoignages de ma bonne volonté". » Louis XIII cherche à lui être agréable: surtout il s'occupe de sa fortune.

De très bonne heure, Henri IV a destiné l'enfant aux honneurs ecclésiastiques. Dès 1607 — le petit n'ayant encore que six ans, — il a demandé au pape pour lui l'évêché de Metz^ Les contemporains s'élèvent bien contre ces façons d'appeler à de pareilles charges des titulaires si jeunes : « La France, déclare Philippe Cospéan,

1. Bibl. nat., ms. fr. 3722, fol. 76 r°. Voir Bellemaure, le Portrait du roi, 1618, p. 83; J.-B. Matthieu, Histoire de Louis XIII, dans P. Matthieu, Histoire de Henri IV, 1631, t. II, p. 91.

2. Ibid., fol. 77 t°. Néanmoins Louis XIII sait rappeler à la raison son frère, quand il le faut : « Mon frère de Metz, lui écrit-il, encore que Bourlon, qui vous rendra la présente, m'ait assuré du contraire de ce que l'on m'a dit, que vous chassiez aux lieux où j'ai accoutumé d'aller, je ne veux laisser de vous faire savoir le rapport qui m'en a été fait et le mécontentement que j'en recevrois, cela étant, ainsi que j'ai commandé audit Bourlon de vous faire entendre de ma part. Vous pouvez prendre votre plaisir à la plaine de Villejuif comme je vous ai permis et pour les autres, aider à les faire conserver, selon que vous savez être de mon intention » {Ibid., fol. 78 \°).

3. Lettre d'Henri IV au pape du 7 février 1608 lui rappelant sa demande dans Lettres missives d'Henri IV, éd. Berger de Xivrev, t. VII, p. 486.

est remplie d'évêques et d'abbés qui sont entre les bras de leur nourrice; l'abus devance même leur naissance; ils sont pères avant que d'être enfants et chargés de mitres avant que l'on sache s'ils seront mâles ou femelles*! » Le pape a cédé. En février 1608 le chapitre de la cathédrale de Metz est venu à Saint-Germain saluer son nouvel « ordinaire-. » Celui-ci, il est vrai, n'a encore que le titre. Mais Louis XIII s'occupera, dès qu'il sera le maître, en 1617, de faire accorder à son frère les droits, au moins temporels, que comporte la situation. Il sollicitera du Saint-Siège la faculté pour Henri de Verneuil, d'administrer son diocèse : en raison de la jeunesse du prélat, une dispense est nécessaire : ce n'est qu'en août 1618 qu'elle sera accordée ^ Louis XIII s'intéresse à ce que fait le petit évêque, le gratifie de toutes sortes de faveurs. Il l'exempte d'une partie des décimes que tout titulaire ecclésiastique doit payer ^; il le comble d'abbayes et de revenus', puis veut le faire nommer cardinal.

Il y a pensé de bonne heure. Dès 1617, il en parlait au nonce en même temps qu'il sollicitait les dispenses

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