Avenel, Lettres de Richelieu, t. VII, p
ne sait pas se tenir à une idée^ ». Le duc de Rohan gémissait de Firrésolution de son esprit, irrésolution que les uns attribuaient à la timidité, les autres à la défiance-, ce qui était presque lui faire comme un compliment, car, au contraire, on le trouvait ingéna et naïf ^ « Quant à M. de Luynes », écrivait le P. Joseph le 24 janvier 1621, « il a tant d'aveuglement, d'inconstance et de désordre en tout que l'on ne sait qu'espérer*. » II parlait étourdiment. Il arriva à Louis XIII impatienté de dire qu'il ne pouvait lui confier de secrets II promettait par disposition bienveillante et ne tenait pas; il oubliait : on appelait ses promesses des « planches pourries S). On lui reprocha son ingratitude envers ceux qui lui avaient fait le plus de bien parce qu'il n'avait plus pensé à eux'. On parla des « trahisons et déloyautés de son âme basse ^ ». Alors, décontenancé, Luynes, ne sachant que dire, se taisait, confus, et on l'accusait d'être peureux \
L'accusation de lâcheté est une de celles qui sont venues le plus souvent sous la plume des pamphlétaires du temps. Le fait n'est pas douteux. M. de Luynes n'al-
1. Avenel, t, VII, p. 314; dépèche do Priuli du 2 février 1621 (Bibl. nat., ms. ital. 1773, p. 199); Bentivoglio, Lettcre, 1870, t. IV, p. 536.
2. Rohan, Méin., éd. Michaud, p. 528; Bentivoglio, Lctterc, 18G7, t. III, p. 218; Richelieu, Mcm., t. I, p. 238.
3. Dép. de Contarini du 24 juin 1619, Bibl. nat., ms. ital. 1773, p. 188. 11 était plein de désordre; il perdait ses papiers (relation de l'archevôque d'Embrun dans Déageant, Mém., éd. de 1668, p. 390).
4. Lettre du P. Joseph à la prieure de Lencloître, du 24 janvier 1621, citée par Fagniez, le P. Joseph et Richelieu, t. 1, p. 88.