Rohan, Mém., éd. Michaud, p
9. •< Ce gentilhomme poltron au possible! » (VHoroscope du connétable, 1622, in-12, p. 28).
lait jamais au feu; il n'aimait pas la guerre; il a toujours voulut empêcher Louis XIII d'affronter les dangers. « Sachez que je ne cours aucun hasard », écrivait naïvement pendant le siège de Montauban le chirurgien de M. de Luynes à sa femme, « Monseigneur le connétable me faisant l'honneur de m'affectionner et de me tenir toujours auprès de sa personne \ » L'inaptitude de M. de Luynes aux exercices physiques, son manque d'entraînement au maniement de l'épée devaient compter peut-être parmi les raisons qui lui faisaient redouter d'affronter les batailles ou les affaires d'honneur ^
En raison de cette intelligence instable et de ce caractère inconsciemment égoïste, M. de Luynes, au moment où il devint le favori en vue, n'avait donc pas ce qu'il fallait pour conserver la sympathie des courtisans. Après le premier moment fugitif favorable, déterminé par ses manières aimables, il ne tarda pas à être l'objet de l'antipathie commune. Des libelles hostiles parurent. Le sentiment le plus général qui se manifesta fut celui de la jalousie. Vraiment, étant donné ses moyens, sa fortune était bien rapide. Lui et ses deux frères ressemblaient à « trois potirons venus en une nuif. » Gela ne pouvait provoquer « qu'indignation et envie *. » Les amis de Luynes répondaient qu'il y avait bien dans l'histoire des fortunes aussi soudaines; ils attribuaient cette ani-
1. Cité dans les Mém. du duc de la Force, éd. La Grange, t. IV, p. 205, note. Cf. Recueil des pièces les plus curieuses qui ont été faites pendant le règne du connétable, 1632, in-12, p. 463.
2. Dépêche de l'ambassadeur vénitien Gontarini du 26 mai 1620, Bibl. nat., ms. ital. 1774, p. 90.
3. Bassompierre, Journal de ma vie, éd. Chantérac, t. II, p. 174.