Chaul'nes, Relation exacte, p
moins, il n'était pas sans observer l'importance qu'avait acquise le gentilhomme dans la vie du roi. Irrité des sentiments peu dissimulés de Louis XIII à son égard, il finissait par incriminer M. de Luynes : « M. de Luynes, lui disait-il, je m'aperçois bien que le roi ne me fait pas bonne mine, mais vous m'en répondrez ' ! »
Richelieu et Fontenay-Mareuil s'accordent à trouver que Luynes était un esprit médiocre et un caractère pusillanime. Les confidences de Louis XÎII à un ami d'aussi peu de ressources n'eussent pas abouti à de bien sérieux résultats s'il n'était intervenu entre eux un homme beaucoup mieux au courant du mécanisme de l'Etat, — par conséquent plus au fait de ce qu'il y avait de puissance dans le nom et un mot de la personne souveraine du roi, — puis inventif et audacieux, M. Déageant.
Sorti d'une ancienne famille dauphinoise, entré d'abord dans l'administration comme simple employé attaché « à la maison et couronne de Navarre », avec le titre ordinaire de ces modestes sous-ordres, celui de secrétaire % puis promu conseiller et secrétaire du roi^, M. Guichard Déageant était un homme intelligent, plein d'initiative, qui, pour des services signalés rendus à la régente dans les multiples affaires que causaient à cette princesse ses nombreux domaines, avait été récompensé de la charge de « secrétaire ordinaire »