‹ Le roi Louis XIII à vingt ansChapitre 262 sur 345 · Fontenay-Mareuil, Mém., éd. Michaud, p · texte numérisé non relu

Fontenay-Mareuil, Mém., éd. Michaud, p

5. Dépèche du nonce Corsini du 30 janvier 1622 (Arch. nat., L 397 fol. 367 r").

6. •- Cet avis ne toucha son esprit ni de près ni de loin. » Richelieu Mém., éd. Michaud, t. I, p. 520.

il falloit le conserver, aussi bien qu'il avoit su ceux de l'acquérir, et qu'il lui donnoit quelquefois exprès de petits sujets de plaintes qui ne servoient qu'à augmenter l'ardeur de l'affection qu'il avoit pour lui^ » Mais les dispositions du roi devenaient de moins en moins douteuses. Luynes dut s'en rendre compte. De proche en proche, Louis XIII maintenant élevait la voix. Une fois, de sa fenêtre, apercevant le connétable entouré de Suisses, de gardes, suivi de seig'neurs et d'officiers, il disait sèchement à Bassompierre, qui était près de lui : « Voyez, Bassompierre, c'est le roi qui entre ! » Et comme l'autre, étonné, expliquait que c'était un connétable honoré des bienfaits du roi : « Vous ne le connoissez pas », faisait vivement le prince, « il croit que je lui en dois de reste et veut faire le roi; mais je l'empêcherai bien, tant que je serai en vie! » Effrayé de cette confidence qui, si elle était sue de Luynes, pouvait lui attirer des disgrâces, Bassompierre exprimait ses appréhensions. Le roi le rassurait, luipromettait de n'en rien dire, ajoutant qu'il ne parlait de la sorte qu'avec le P. Arnoux et Puisieux-. Une autrefois, Louis XIII contait à Bassompierre qu'il avait averti le connétable que le duc de Chevreuse était amoureux de madame de Luynes, et Bassompierre était surpris de l'accent d'animosité avec lequel le prince ajoutait : « J'ai eu grand

1. Bassompierre, Journal, éd. Chantérac, t. II, p. 386-387 : « Je vis bien lors », ajoute Bassompierre, « (]u'il estoit de la même trempe de tous les autres favoris qui croient avoir cloué leur fortune, qui la croient éternelle, et qui ne connoissent leur disgrâce que lorsqu'il n'est plus moyen de l'empôcher ». Cependant, vers la fin de sa vie, au dire de Richelieu, Luynes « voyoit bien le dégoût du roi ». (Richelieu, Méin., t.-I, p. 249.)

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