Cité par Zeller, le Connétable de Luynes, p
disait plus un mot de l'ami disparu'. Les lettres à la famille de Luynes furent seulement convenables. Il assura madame de Luynes de l'affection qu'il continuerait à porter à « ce que le connétable a laissé au monde de plus cher, comme vous et vos enfants, dont je vous prie de croire », continuait-il, « que j'aurai tout le soin qu'il a désiré lorsqu'il m'a fait prier à l'heure de sa mort de les avoir en ma protection- ». Il mandait au duc de Montbazon : « Il ne pouvoit m'arriver, ni à vous pareillement, une perte plus sensible que celle que je reçois par la mort de mon cousin le connétable, votre gendre » ; et il terminait : « Cet accident, venant de la main de Dieu, doit être reçu avec résignation ^ »
Se mettant à l'unisson du roi, ni la cour, ni le public ne furent émus, bien que cette mort fût survenue un peu brusquement. L'ambassadeurd'Espagne l'annonçait à sa cour brièvement, presque comme une nouvelle insignifiante*. A Paris, la foule parut joyeuse ^ L'ambassadeur vénitien remarquait que la disparition de M. de Luynes n'apportait aucun changement sensible dans les affaires
1. Lettre de Louis XIII à Marie de Médicis, datée de Damazan, le 15 décembre 1621 (Bibl. nat., ms. Dupuy 92, fol. 205 r°, et Cinq Cents Colbert 98, p. 151). Dans sa réponse, Marie de Médicis feint de croire que Louis XIII est plus touché qu'il n'est (lettre de Marie de Médicis à Louis XUl du 24 décembre 1621, Bibl. nat., ms. fr. 3708, fol. 43 v", et 3811, fol. 55 r").