‹ Le roi Louis XIII à vingt ansChapitre 271 sur 345 · Lettre du début de juin 1617, Ibid., p · texte numérisé non relu

Lettre du début de juin 1617, Ibid., p

l'ascension de RICHELIEU. 579

En le voyant, en effet, accepter de jouer à Blois un rôle plutôt équivoque, la cour avait conçu de Richelieu une idée défavorable. L'évêque était un intrigant; il était trop intelligent pour ne pas l'être. « Je ne vous tairai point, Monsieur , lui avouait Déageant , qu'à toutes heures on a les oreilles battues de ne se point assurer à la personne à laquelle vous savez que j'ai voué tout service (Richelieu) ; et veut-on persuader qu'elle est du tout portée à la cabale. Il faut, s'il vous plaît, Monsieur, que Luçon continue à veiller ' » ; et huit jours après : « les rapports et artifices contre Luçon redoublent tous les jours^. » Si le prélat trompait Marie de Médicis, disait-on, quelle raison avait-on de croire qu'il ne trompât pas aussi le roi? On l'accusait de duplicité. Marie de Médicis, prévenue, avait déclaré, après explication de Richelieu, qu'elle était satisfaite de lui ^ Mais Louis XIII était mal impressionné. N'allait-on pas jusqu'à dire que Richelieu correspondait avec l'Espagne, ce dont lévêque se défendait avec véhémence*. « Je suis le plus malheureux de tous les hommes, sans l'avoir mérité, écrivait-il, navré, à Déageant. Si je n'eusse pensé être garanti de l'envie et de la rage par l'appui que vous savez, je ne me fusse pas embarqué au vaisseau où je suis, ayant, comme je vous ai dit, avant que de partir de Paris, bien prévu toutes les difficultés et les obstacles qui se sont rencontrés et rencontrent en l'affaire dont il est question. La rage et

1. Lettre de Déageant à Richelieu du 10 mai 1617, Avenel, t. VII, p. 38i.

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