Avenel, Lettres de Richelieu, t. I, p
pas mes sollicitations qui en sont cause, mais bien la fidélité que j'ai au service du roi et au sien. Je ne sais qui m'estimera coupable pour avoir eu cette espérance' ». 11 saisit l'occasion qui s'offrait à lui; il écrivit à Blois; on le sut à la cour : « On m'a dit, mandait Richelieu à M. de Montbazon, qu'on publie que je donne des conseils à la reine; elle a daigné quelquefois m'honorer de ses lettres; je sais trop bien quel est mon devoir pour avoir manqué à lui écrire; mes lettres consistent en actions de grâces de l'honneur qu'il lui plaît me faire ; il y a grande différence des affaires d'une maison particulière et celles d'un Etat^». En fait, il désobéissait; il bravait le roi : on était convaincu, à Paris, qu'il donnait des conseils de révolte. 11 s'en défendra plus tard; il dira : « Quels conseils donnai-je à la reine, si ce n'est qu'elle ne devoit avoir aucun sentiment des choses passées; que tout ce qu'elle avoit à faire étoit de se gouverner modérément M » On sut que malgré la distance et les ordres du roi, il venait déguisé, dans le pays de Blois, s'entendre avec l'entourage de Marie de Médicis *. L'exaspération montait à la cour. On se répétait les raisons qu'on avait de lui en vouloir : c'était un personnage suspect, vaniteux, violent, n'offrant aucune sécurité : il avait été la créature de Concini à qui il avait