Richelieu, Mém., t. I, p
5. Lettre du roi aux Parlements du royaume : « La reine a ordonné par le sieur évesque de Luçon un commandement verbal aux commis de nos fermes, de ne délivrer les deniers d'icelles destinés au public
l'ascension de RICHELIEU. 601
bien était absurde la cause qu'il défendait. « Il eut fallu être aveugle de passion, écrivait-il à l'annonce des premiers succès de Louis XIII en Normandie, pour ne pas voir qu'il n'y pouvoit avoir de si mauvaise paix qui ne valut mieux qu'une guerre civile dont l'événement était incertain* ». Il chercha à tâter le terrain autour de Marie de Médicis, essaya de parler de conciliation : il fut rabroué : « Toute l'espérance de traiter est rompue, mandait-il à l'archevêque de Tours le 2 août 1620, ces messieurs n'en veulent point ouïr parler; le roi fait état de nous venir épousseter comme il faut^ ». Il ne se faisait pas d'illusion : six jours après, la défaite des Ponts de Ce justifiait ses pronostics.
Conséquence inévitable des jeux trop compliqués, Richelieu qui avait été accusé par la cour d'avoir entraîné Marie de Médicis à la révolte, se vit alors reproché par le parti de l'ancienne régente d'avoir trahi celle-ci! Il l'avait fait demeurer à Angers, disait-on, sous prétexte d'être prêt à traiter, en réalité pour qu'elle y fut prise : il était complice de Luynes; il correspondait secrètement avec lui; il avait amené l'armée royale au moment et à l'endroit voulu : on l'accabla ». Il allait
et à la conservation de la monarchie que par ses ordonnances... Avec douleur nous ressentons toutes ces choses. » Document daté du 16 juillet 1620 (Bibl. nat., ms. Dupuy 92, fol. 178 v°; Mém. de M. Mole, éd. Champollion, t. 1, p. 241). « M. de Lucon traitoit de tous côtés » {Mém. de Fontenay-Mareuil, éd. Michaud, p. 144). La minute de la lettre aux Parlements par laquelle Marie de Médicis leur envoie son manifeste de 1620, est de la main de Richelieu (Arch. des AIT. étrang., France 773, fol. 183 r°).