Ibid., p. 27 et suiv
4. Ces détails sont indiqués par Louis XIII dans une pièce officielle : Lettre du roi au parlement de Dijon, (s. 1.), 1617, in-12, p. 4, et par Matthieu, la Conjuration de Conchine, p. 260.
maréchal d'Ancre, qui était toujours en Normandie : Concini crut comprendre que le coup venait du roi : il rentra immédiatement à Paris ^
Ce brusque retour produisit une forte émotion. Le maréchal, était en proie à une fureur indicible, il se répandait en menaces. Il se fit donner la liste de toutes les personnes qui approchaient Louis XIII, parla d'en faire exiler ou emprisonner soixante à quatre-vingts, d'en faire tuer"-! Quant au roi, il allait le « resserrer », le surveiller de près, lui interdire de sortir de Paris, la promenade des Tuileries étant suffisante ^ Pour ce qui était des « ouvertures et propositions contre ses desseins » qui avaient été faites, il allait, dira le roi ensuite, « me priver du pouvoir de les eflTectuer par des conseils que j'aime mieux taire que publier ». Etait-ce une menace? La vie du roi était-elle en danger, comme beaucoup le crurent? Concini avait-il le projet de détrôner le prince et de mettre Gaston à sa place''?
Le soir, au paviMon du roi, l'agitation fut vive. Louis XIII indiqua qu'à son avis le maréchal avait été averti par sa femme. Ses projets étant ébruités, il était
1. Matthieu, op. cit. Marie de Médicis raconte le fait au résident florentin Bartolini en avouant qu'elle eût désiré que Concini ne revint pas et qu'elle le lui dit (dépêche de Bartolini, dans B. Zeller, op. cit., p. 173). Concini rentra le 17 avril (Arnauld d'Andilly, Journal, 1857, p. 280).
2. D'après ce que raconte Louis Xlll à M. de Verdun (Récit véritable de ce qui s'est passé au Louvre, p. 9). Voir aussi B. Legrain, Décade commençant fliist. de Louis XIII, p. 387. Parmi les gens menacés se trouvaient Héroard {Propos dorés sur V autorité tyrannique de Concino, 1017, in-12, p. 31) et Luynes (Seconde partie et réponse à « la Chronique des favoris », p. 10).