Déageant, Mém., p
nellement^ 11 ne fut pas dit au prélat, clans quelles conditions et par qui il était prié de parler. Il accepta de faire la démarclie, exposa assez judicieusement à Marie de Médicis les raisons qu'elle avait de donner suite à la proposition; mais le procédé n'aboutit pas. Marie de Médicis était assez bien entrée dans ses vues. Lorsque l'évêque se hasarda à aborder la question avec Léonora, celle-ci, qui emballait ses meubles, acquiesça; quand Léonora transmit au maréchal la communication, Concini se mit en colère; les choses n'allèrent pas loin 2.
On jugea dans l'entourage du roi, que l'évêque de Carcasonne n'avait pas assez explicitement indiqué à la régente les raisons qui devaient la décider à prendre un parti. Déageant avait déjà eu l'occasion de faire tenir à la reine des lettres anonymes dans lesquelles Marie de Médicis était formellement invitée « à faire, sans plus de remise, agir le roi au maniement de ses affaires, que c'étoit chose qu'il désiroit, bien qu'il n'en fît aucun semblant » ^ Sur ses propositions, on redoubla les avertissements à la régente. On s'arrangea pour faire agir « des gens d'honneur », « de notables personnages, » non seulement auprès de Marie de Médicis, mais encore auprès des ministres ^ A la fin ceux-ci et Léonora s'inquiétèrent de toutes ces manœuvres; ils prévinrent le
1. M. de l'Estang « avoit autrefois grandement assisté le père de Luynes en plusieurs de ses nécessités et continué les mêmes services envers ses enfants - (Seconde partie et réponse à « la Chronique des favoris », 1622, in-l2, p. 13). Voir aussi les Matines de la cour faites par un bon françois, (s. 1.), in-12, p. 9.