‹ Le roi Louis XIII à vingt ansChapitre 312 sur 345 · Ibid.. p · texte numérisé non relu

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4. Versailles, avec Marly et Villepreux, dépendait de la châtellenie de Châteaufort, Maquct, op. cit., p. IlL

Loménie, conseiller du roi et secrétaire de ses finances', M. Martial de Loménie était un très gros homme, actif, intelligent, futur secrétaire du roi, greffier de son Grand Conseil et qui devait être la tête d'une lignée de ministres et d'ambassadeurs. Trois choses lui ont porté malheur : d'être protestant, de n'avoir pas le caractère facile, de se trouver trop attaché aux intérêts des princes de Bourbon d'alors, le roi Henri de Navarre et autres -.

M. de Loménie décida d'augmenter la propriété qu'il venait d'acheter. Il était riche. De proche en proche il allait se constituer un important domaine d'un seul tenant, groupé autour de son hôtel seigneurial, enveloppant lo village de Versailles. Ce fut une opération d'accaparement effectuée en plusieurs années, par achats, échanges, combinaisons diverses. M. de Loménie se fit représenter dans les transactions, par un cousin auquel il avait donné sa fille

1. Par « décret et adjudication faits au Chàtelet de Paris le 14 janvier 1561 » et « acte passé par devant Joyeux et Arragon, notaires au dit Chàtelet, le même jour, -. Arch. nat., ()'3871, p. 303. Voir aussi, Ibid., p. 299, 302, 305.

2. Voir sur Martial de Loménie, la notice de Fauvelet du Toc, Histoire des secrétaires d'État, Paris, 1668, in-4°, p. 195. Devenu seigneur du pays, M. de Loménie tâcha de se faire bien voir. A la fête du village, qui avait lieu en septembre, les quatre valets de fête, sortes de commissaires, afin d'éviter les disputes sanglantes, résultats de buveries prolongées, avaient demandé à leur seigneur qu'il interdit tout port d'armes. M. de Loménie y consentit, et ajouta sur l'ordonnance une phrase orthodoxe pour rassurer les consciences catholiques qu'alarmait la venue dans le pays d'un hérétique. « Or, écoutez, — proclamait le sergent ordinaire de la prévoté de Versailles, Antoine Beauvais, montant, le dimanche 31 août 1361, sur la pierre du carrefour, près le carcan dudit lieu; — de par noble homme et sage M. Martial de Loménie, conseiller du roi notre Sire et secrétaire de ses finances, seigneur dudit Versailles, et JI. le prévôt dudit lieu, défenses sont faites à toutes personnes de quelque état, «jualité et condition qu'elles soient, de ne porter armes comme épées, dagues, ni autres bâtons invisibles en la danse, ni durant icelle, s'ils ne sont gentilshommes et officiers du roi dudit seigneur, ou avoués de justice, sur peine de l'amende et de confiscation desdits bâtons; aussi de ne jurer, ni blasphémer le nom de Dieu, de la Vierge Marie ni des Saints, sur peine d'amende arbitraire telle qu'au cas appartiendra et détenir prison; et que chacun se garde mesprendre! » Arch. nat., 0'3871, p. 268. Les valets de fête se nommaient Nicolas Dubreuil, Jean de Laleu, Pierre Chalier, Louis Duclos.

en mariage M. François de Loménie. Le tabellion fut Jean Gandois qu'assistait son clerc Fiacre Lotin '. Nul notaire de campagne n'a, à la fin du xv!" siècle, rédigé en si peu d'années plus de contrats. Il y en a plus de 80. Il fallut acheter à toutes sortes de gens : des propriétaires de Versailles, bourgeois, négociants, paysans habitant Montreuil, Bue, Trappes, Châteaufort, Paris. La somme totale que coûtèrent les transactions, 15 401 livres, 67 sous, 6 deniers, ne représente pas exactement la valeur des terres acquises, car, en beaucoup de cas, entra en défalcation du prix d'achat le capital du cens ou de la rente annuelle que le vendeur devait au seigneur féodal". Maisons, « masures )\ jardins, terres labourables, prés, droits de douaire, titres de rente, tout y passa. Afin d'arrondir plus exactement, M. de Loménie fit des échanges. Sur les 80 et quelques actes il y en a 17 d'échanges. Une partie de la seigneurie de Versailles était entre les mains d'un gros propriétaire du plateau de Satory, M. Antoine Poart, conseiller du roi, maître ordinaire en sa Chambre des Comptes, seigneur de la Grange- Lessart : on lui acheta le 17 mars 1561 cette terre de la Grange-Lessart, sise à Satory, moyennant 7 500 livres; et Martial de Loménie effectua également à Satory une série d'achats et d'échanges ^ Tout compte fait, vers 1572, la seigneurie de Versailles comprenait, de propriété directe, 183 arpents de terres labourables, vignes, prés, pâtures, bois taillis, 4 étangs, et comme parties censives sur lesquelles le seigneur avait à prélever des droits féodaux, plus de 68 arpents de terre '*.

1. Jean Gandois habitait une maison qui lui appartenait « sur la rue tendant à l'étang vieil. » (Arch. nat. 0'.3871, p. 53.)

2. On compte 17 actes en 1561, 3 en 1562, 16 en 1563, 10 en 1564, 14 en 1,565, 7 en 1566, etc., Ibid.

3. La Granp;e Lessart était à l'est du plateau de Satory. L'acte de vente fut passé devant deux notaires de Paris, par l'intermédiaire d'Innocent Auberon, secrétaire du duc de Nemours, procureur de Martial de Loménie (Arch. nat., 0i3871, p. 160). Nous avons la série des achats et échanges ellectués par Loménie à Satory, Ibid., p. 177 et suiv.

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