‹ Le roi Louis XIII à vingt ansChapitre 319 sur 345 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

3. L'expression « d'architecte général des bastimens du roi •• nous semble fort sujette à caution. Il est possible qu'on la trouve appliquée à de Brosse dans un acte privé du 27 juillet 1617 (Goùard-Luys, Salomon de Brosse et ses enfants, dans Bull, de la Soc. de l'hist. de Paris, 1883, p. 86). Mais il est à remarquer que dans un arrêt de la Chambre des comptes du 11 octobre de la même année (Ibid., p. 88) Brosse est seulement qualifié « d'architecte ordinaire des bastimens du roi. « C'est ce

la salle du Palais de Justice incendiée, le Parlement, laissé libre de choisir lui-même son architecte, a désigné Salomon de Brosse, de même que le Parlement de Rennes avait désigné le même artiste pour réédifîer son palais cette même année *. Il y a si peu de règlements d'organisation encore sous ce rapport que lorsqu'en avril 1624 le surintendant des bâtiments, M. de Fourcy, s'est occupé d'entreprendre la continuation du château du Louvre d'après les plans de Pierre Lescot, il a « fait faire un devis, plan et profil desdits ouvrages pour être exécutés ainsi que ceux déjà faits », et il a appelé en adjudication quatre des six architectes du roi « pour, sur icelui devis, mettre le dernier prix pour lequel ils voudroient entreprendre lesdits ouvrages ». Des quatre appelés, Clément Métezeau, Paulde Brosse, Androuetdu Cerceau et Jacques Le Mercier, c'est au dernier que le travail a été adjugé^. Nous voilà loin de l'organisation hiérarchisée du temps de Mansard ou de Gabriel. Un « architecte général «quelconque n'a rien eu à voir dans la construction, cependant la plus importante du règne, celle du palais du roi à Paris. Et de fait personne ne s'est avisé de dire que Salomon de Brosse ait été pour quoi que ce soit dans la continuation du Louvre en 1624. Mais une raison plus forte encore s'oppose à ce que Salomon de Brosse se soit occupé de Versailles : c'est qu'il était en disgrâce. Chargé par Marie de Médicis de bâtir le Luxembourg, il avait reçu, selon l'usage, du trésorier de la reine, Florent d'Argouges, l'argent destiné à payer au fur et à mesure les entrepreneurs ^ Il fut soupçonné de

titre qui nous paraît être le seul officiel et qu'en tous cas on rencontre régulièrement » (par exemple en 1623, dans un devis de travaux pour le Luxembourg, Bibl. de l'Arsenal, ms 5995, fol. 1 v"). Avec six architectes, le roi a dans son personnel 6 peintres, 4 joaillers, 4 imprimeurs, 2 hor- Jngers, 5 cordonniers, 7 merciers et 64 autres gens de métiers (Bibl., nat., ms. fr. 7854, fol. 298 v°).

1. Lettres patentes du 23 avril 1618 (Arch. nat., Xi' 8041). fol. 72 r") et arrêt du conseil du 4 oct. de la même année (Arch. nat., E. 60*, fol. 8 r°).

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