Bibl. nat., ms. fr. 4027, fol. 21 r% 22 r
volaille et la mettait au feu K Près de Tonneins, en 1621, le personnel de « la bouche » — service de la cuisine personnelle du roi — n'étant pas là, « chacun mit la main à la cuisine : le roi se coupa au doigt en fendant un bâton pour faire flamber du lard sur une carbonate de mouton. Sa Majesté voulut que ce qui avoit été préparé en commun fut mangé en même table ^ ». Comme cuisinier il réusissait surtout les plats d'œufs. Un jour de mauvais temps où il avait longtemps marché « ayant le vent à la face et la pluie sur le dos, il entroit en une auberge, lui onzième, et faisoit lui-même une omelette, avec du pain et autres choses, fort épaisse; la faisoit rissoler, en mangeait un peu et buvoit un coup de vin fort trempé ». 11 s'occupait aussi bien de son marché que de sa cuisine. Nous venons de le voir acheter de la volaille. Dans un voyage à Calais, se trouvant près de Boulogne, il ira « sur la rive de la mer, attendant les bateaux qui revenoient de la pêche, achètera deux plies et deux soles et donnera une pistole. » Le vendredi, à Saint- Germain, il s'amusait « à aller faire la recette de son poisson-^ ». Personne ne se choquait : les exemples d'Henri IV, étaient encore récents : on estimait que « la délicatesse ne valoit rien aux armes et nuisoit à la réputation de ceux qui les commandent ».
Cette rusticité, Louis XIII la manifestait de toute espèce de manières. Avait-il soif en cours de route, il