Ibid
3. A. Gantez, Entretien des musiciens (1643), éd. Thoinan, Paris, 1878, in-12, p. 35.
4. Voir, par exemple, Héroard, Bibl. nat., ms. fr. 4027, fol. 54 v°, 71 r°, 177 v°, 196 r°, 204 r", etc. Cf. la lettre du P. Cotton au duc de Bavière (BibL nat., Moreau 1278, fol. 139 r°, 140 r"); Bassompierre, Journal, éd. Chantérac, t. 111, p. 132.
très : un haute-contre, 5 basses-contre, 3 enfants comme soprani; plus 7 instrumentistes : 2 joueurs de luth, 2 joueurs de hautbois, un joueur d'épineUe et deux joueurs de flûte ; puis la musique de la chapelle. Il veillait à l'éducation des enfants choristes, les confiait à un maître spécial pour les instruire '. Si un de ces chanteurs venait à manquer, il envoyait très loin pour le remplacer, jusqu'à Tours, ou réquisitionnait quelque religieux célèbre pour sa voix qu'on enlevait à son cloître, moyennant une gratification -.
Le roi dirigeait lui-même ses chœurs dans sa chambre. Il jouait de plusieurs instruments. Le musicien Florent Indret lui avait appris à pincer du luth, l'instrument à la mode. Il jouait de la guitare. En bon chasseur qu'il était, il sonnait du cor^. Il chantait aussi et faisait sa partie. Personne ne paraît lui avoir donné de leçon : « son inclination à la musique étoit si grande, écrivait de Bellemaure, que sans en avoir étudié seulement une règle, il chantoit avec les maîtres sans faire presque un faux ton *. » Il chantait par goût, aussi bien des chansons populaires, des « guimbardes », que des airs d'église, lents, graves, harmonieux, un peu mélancoliques. C'étaient ceux-ci qu'il préférait. Il faisait exécuter des
1. Bibl. nat., ms. Clairambault 378, fol. 399 v". Les compositeurs étaient Nicolas Formé et Jacques Lefebvre. Le surintendant de la musique était Fabry, auquel succéda Antoine Boisset en 1622 (Bibl. nat., ms., fr. 3708, fol. 58 r°; 3817, fol. 23 r°; Cinq Cents Colbert 98, p. 165; lettre de Louis Xllî à Marie de Médicis du 8 octobre 1622).
2. E. Charavav, Collection de lettres autographes du règne de Louis XIII,
3. Ibid., p. 22; Héroard, Bibl. nat., ms. fr. 4027, fol. 258 v"; 4025, fol. 460 r°. Il y avait à Orléans un maître de luth réputé, nommé Morel, chez lequel on venait de l'étranger apprendre à jouer (Bibl. nat., ms. fr. 25183j.
4. De Bellemaure, le Portrait du roi, Paris, 1618, in-12, p. 30.
motets. Lorsque le soir, après souper, ou les jours Je pluie, il réunissait dans sa chambre trois ou quatre exécutants afin de chanter avec eux quelque motif, — il dénommait ce groupe « la petite musique, » — il invitait les personnes de son entourage à participer à ces exercices, le prince de Condé, par exemple'. De toutes les pièces du Louvre la meilleure, pour le chant, était la chambre du roi, haute, large et longue, toute tapissée de boiseries. Sauvai, quelques années plus tard, vantera l'excellente acoustique de cette salle".
Louis XIII composait. Tallemant des Réaux avoue que « composant sa musique le roi ne s'y connaissoit pas mal : » c'étaient des airs d'église, qu'il écrirait, des motets. Il devait, à la fin de sa vie, mettre en musique un office des ténèbres et un De Profundis qui sera exécuté dans sa chambre après sa mort. Comme pour la peinture et la sculpture, ses œuvres n'ont pu lui survivre. Bonnet, dans son Histoire de la musique, écrite en 1715, raconte qu'il existait de son temps un petit livre des airs de la composition du prince dont on faisait chanter les morceaux dans des concerts ; on ne sait ce que ce petit livre est devenu'.
1. Pour ces faits voir Iléroard, Bibl. nat., ms. fr. 4025, fol. 332 r°; 4026, fol. 121 v°, 187 v"; 4027, fol. 4 v°, 51 v°, 171 r", 239 v". Cf. G. Bernard, Hist. de Louis XIII, t. II, p. 78-9. Tallemant assure que la chapelle du roi comprenait ce qu'il appelle « des incommodés » (Historiettes, t. IV, p. 130). Nous n'en trouvons pas mentionné dans la liste des chantres du roi. Les deux groupes de musique étaient réunis pour les grandes cérémonies et produisaient, paraît-il, un effet excellent (dép. de Contarini du 7 janvier 1620, Bibl. nat., ms. ital. 1773, p. 370). Sur la fa(.-on dont on chantait en France sous Louis XIII, voir Bibl. nat., ms. Dupuy 630, fol. 18 r° et suiv.