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CONCLUSION

Les multiples problèmes posés par la B.R.I., envisagés tant sous l’angle des Réparations que sous celui de Banque Internationale, imposent à l'esprit une série d’objections que seul, l’avenir et le devenir de la Banque pourront résoudre.

Les problèmes de tous ordres auxquels elle se trouvera mêlée directement ou indirectement, pourront autant prouver son utilité, sa puissance, qu’ils accuseront davantage l’erreur de ses créateurs, le côté utopique de leurs espérances.

Jusqu'ici, nous nous sommes efforcés d’étudier chaque question en l’isolant autant que possible des autres. La réalité est toute autre, et la B.R.I. aura à faire face simultanément à de multiples problèmes, liés les uns aux autres. Il sera alors difficile à ses dirigeants de faire une exacte discrimination entre tous, pour savoir ceux qui doivent retenir son attention.

Tout d’abord, peut-on considérer la B.R.I. comme l’organe le plus apte à gérer les Réparations. On a longuement vanté les avantages du Plan Young pour les créanciers, comme pour les débiteurs. Ses différentes clauses semblent avoir prévu toutes les difficultés à venir.

Mais le rôle ainsi confié à la B.R.I. a posé la question fort délicate de confier à un organisme privé, émanant lui-même d'organismes privés, en l’espèce les différen-

tes Banques d'émission, le soin de gérer des intérêts publics d’une importance capitale. Déjà le fait d’avoir donné à des techniciens, et non à des hommes politiques, la mission d'élaborer le Plan Young, a suscité des objections nombreuses et des discussions passionnées dans tous les Etats désintéressés.

Le système actuel semble pourtant concilier les deux tendances, l’une à la main mise de l’Etat sur tous les organismes touchant à l’intérèt général, l’autre au contraire à les en rendre indépendants, afin d'obtenir un rendement maximum pour le plus grand:bier et la meilleure économie de tous.

En effet, bien que possédant des statuts assez différents, les grandes banques d'émission se trouvent sous le contrôle direct de leurs gouvernements. Ceux-ci ont de la sorte un lien assez étroit avec la Banque des Règlements Internationaux, qui leur permettra toujours d’intervenir avec succès, quand leurs intérêts respectifs seront en jeu.

On peut de même se demander si cette association permanente des Banques d'émission est souhaitable: si le développement de la B..R.I ne la posera pas en rivale dangereuse des organismes existants ÿ

Nier ces questions n’est pas les résoudre ét on leur doit de les prendre en juste considération.

On pourrait légitimement craindre en effet, que l’accroissement de puissance de la B.R.I. ne se produise au détriment des grandes Banques privées existant dans les différents pays, banques de dépôt ou banques d’affaires, peu importe, puisque, nous l’avons vu, la B.R.I. peut agir suivant des modes d’activité très variés.

Ce serait un gros empêchement à la réussite de la B.R.I. si elle devait se heurter dans toutes les entreprises, à l'hostilité plus ou moins déclarée de la finances privée.

Ce ne sera pourtant l’intérêt de personne d’y voir un organe de lutte et de combat. Sn rôle, nous l’avons vu est tout autre, et il est à désirer que toutes les ie viennent confirmer la largesse de vues qui a ea création.

C’est justement pour ne pas prêter le flanc à toutes ces critiques que la B.R.I. jusqu'ici à foujours travaillé sur les marchés étrangers avec le consentement de la Banque centrale intéressée. Ayant pour seul but de travailler à une meilleure organisation du crédit international, elle s’astreint à conformer sa politique sur chaque marché aux désirs de la Banque Centrale responsable. Les relations avec les Banques privées ont été jusqu'ici entreprises par l’intermédiaire de la banque centrale, et ce n’est que lorsque cette dernière n’est pas disposée à agir pour B.R.I., et qu’elle n’a aucune objection à faire que la Banque traite directement avec les Banques privées, qui doivent alors la tenir au courant de toutes les transactions ainsi effectuées. ‘

Nous avons de même soigneusement écarté toutes les contingences politiques qui seront fatalement inhérentes à de nombreuses questions économiques. C’est là, un des plus gros écueils de la Banque, et à ce sujet aucune règle pratique ne peut être édictée. L’habileté suprême, pour ne pas dire l’art, sera de toujours sauvegarder l’indépendance de la Banque vis-à-vis de toutes les Banques d'émission, de tous les marchés du monde. Toute sollicitude particulière vis-à-vis d’une banque, d’une Trésorerie, constituera un précédent, qui, habilement exploité, ne tarderait pas à nuire à son crédit moral.

Il ne faut pas l’oublier, la Banque innove dans tous les domaines où se fait sentir son initiative; son rôle étant grandement facilité par les concours que lui prêtent les Banques centrales dans leur propre pays, il serait dommage de voir cette bonne volonté générale cesser de se manifester par suite d’un acte qui prêterait à équivoque.

Comme on l’a dit très justement, la B.R.I. est un acte de foi; à elle de fortifier cette foi, de lui donner toujours un meilleur fondement, une plus grande raison d’être. |

Son rôle actuel quoique restreint et modeste est grand par toutes les possibilités qui couvent dans toutes ses opérations, dont l’accroissement continu depuis six mois, fait bien augurer de son importance à venir.

Comme l’a déclaré tout récemment son Président, Monsieur Mac Garak :

« Il est sans contredit difficile de juger de la Direction de notre développement futur. Une conclusion est claire : c’est l'intérêt croissant que suscite la Banque, ainsi que le manifestent les nombreuses visites de banquiers et d'économistes proéminents de toutes les parties du monde. Bâle devient un centre international pour l’étude pratique et la discussion des problèmes monétaires et des questions de crédits internationaux. Nous pensons que le champ d'activité de la Banque est vaste et s’étendra encore, non seulement parce qu’il est susceptible de développement, mais parce que des besoins réels se sont manifestés, L'expérience a déjà démontré que les Banques d'émission nationales peuvent faire un très grand usage d’une banque internationale, non pONBGUE de caractère et d'administration.

Toutefois, il ne faut pas nourrir de trop grands espoirs. N'attendez même pas de modestes résultats trop

tôt. Nous devons nous hâter lentement. Aucun miracle ne peut être attendu de la jeune Banque pour guérir le monde économique de tous ses maux. Des recherches patientes nous indiqueront la meilleure manière de rendre service. L'avenir donnera la mesure de ce que la Banque pourra accomplir d’utile; mais le fait qu’elle est le cadre qui permet et qui permettra encore de poursuivre de patients efforts, est l’un des éléments réconfortants dans une situation mondiale tendue ».

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