LA GUERRE JUGÉE PAR LA RELIGION
consacré cette doctrine en honorant comme saints de nombreux guerriers. Sous Napoléon, toute une série de mandements épiscopaux ! approuvèrent la conquête et demandèrent des prières pour y intéresser « le dieu des combats ». L’évêque de Lescar disait : € Dieu préside à l’état militaire... Dieu est le dieu des armées. La profession des armes est sainte. Le soldat est martyr; sacrifice accepté, récompense assurée : Dieu fait miséricorde au soldat... *? » De Maistre glorifiait la guerre comme divine, et aujourd’hui encore Mgr Freppel, le P. Ollivier, le P. Didon..., * la considèrent comme nécessaire. A, Tous les chrétiens ne pensent pas ainsi. La plupart nient que tel ait été l'esprit de la doctrine du « grand pacifique * » et estiment sacrilège de faire intervenir dans la guerre un Dieu qui est essentiellement Dieu de paix 5. Ne méconnaissant pas la solidarité des dieux juif et chrétien, ils s’efforcent d'établir que, dès avant la venue du Christ, Jéhovah était d'humeur pacifique ; le Seigneur défendit à Salomon de lui élever un temple, parce qu’il avait versé beaucoup de sang > Isaïe prophétisa : « Les peuples forgeront leurs épées en hoyaux et leurs lances en faucilles ; aucune nation ne tirera plus Pépée contre l’autre ©. » On en vient à contester, au nom de la science exégéti- DO que, la portée des mots : Deus Sabaoth”, et à accorder une signification pacifique aux paroles de l'Evangile : « Je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive... Que celui qui n’a ni sac ni bourse vende sa tunique et achète une épée ». On ratiotineé : Cf de Priac, G.ébehrishian., p. 21105, 226.
Veuillot, La g., p. 116 s, 120, 130, 134...
. J. de Triac, &b., et : Réponse au P. Ollivier, Doctr. relig. fantais. . Bossuet, Méd. sur l'Ev., Serm. sur la montagne, vin, 7° béat. . E. de Girarüin, {a Liberté; Scarabelli, Cause di querra, p. 53; Sumner, Adar. on war, p. D4 S...
6. Paralip., xx, 4-11. — Isaïe, 11, 4. — « Tu ne tueras pas » (Genèse, ch. vi; Eroue xx UPS" 0e)
7. Abbé Garaude, Diss., p. 19 : l’expression est rare, ne figure pas dans le Pentateuque, une fois dans les Juges. — D’autres en nient le sens (Evêque de Chartres, Paix par le droit, 1894, p. 146). Les Seplante, selon St Jérôme, l’ont traduit par : Tout-Puissant, Dieu des vertus (Cornelius a Lapide, 1v. 3; abbé Hély, op. cit., p. 185). D’autres, par : Dieu des armées célestes, c’est-à-dire des anges (Père Petau, Théol. Dogm., 1. VIII, c. 1x, 1, rabbin Isidor, f' ass. de la ligue de la Paix, p. 61; R. P. Perraud, L’Ev. de la Paix, p. 135, 56; Prato, Teoria della pace, p. 4); Eternel des armées, chef des légions d’anges (Kellermann, La g., p. 25 : Josué, V, 4), des astres, armée des cieux (ib. : Deutér., 1v, 19; vu), conducteur de l’Eglise militante; chef des phalanges de l’espace, des astres (Thonissen, Ac. de Belg., 4860, 1, p. 210, d'après d’éminents orientalistes : Beelen).
8. Matth., x, 34; Luc, xx, 36. — Lacordaire (Conf. de N.-Dame) et 3. de Triac : ces préceptes sont relatifs à la guerre de. l’esprit contre la chair; P. Perraud (après Cornelius a Lapide) : c’est un conseil de prudence en vue des persécutions à venir.