‹ Le Rôle de la GuerreChapitre 142 sur 471 · Cf. Spencer, Introduction à la Science sociale, p · texte numérisé non relu

Cf. Spencer, Introduction à la Science sociale, p

4. Après les massacres des Cévennes, Bossuet crut pouvoir annoncer que l’hérésie n’était plus, parce qu’il n’y avait plus d’hérétiques.

5. Guizot, L'Eglise et la.soc., p. 116 : La guerre n’est pas le moyen naturel pour prouver la justesse et la valeur des idées,

l'inaptitude de la brutalité : « Puisque la vraie religion estune grâce surnaturelle, il faut qu’elle vienne de Dieu et non pas des hommes, qui, avec toutes leurs armes n’ont pas le pouvoir de faire croire le moindre article de leurs mystères. Ceux qui ont remué ceste corde n’y ont rien gagné !. » La tyrannie des consciences empêche les manifestations extérieures, elle ne supprime pas les croyances. C’est le vainqueur au contraire qui subit le sort de la défaite. Le sang des martyrs, à quelque foi qu’ils appartiennent, appelle les sympathies et jette un mauvais jour sur l’idéal des oppresseurs. Les persécutions ordonnées par les empereurs romains se sont retournées contre le polythéisme, qui y a péri. Le catholicisme n’a pas amoindri la Réforme par ses violences, et si celle-ci s’est accrue pendant la lutte, le secret de son développement est ailleurs que dans ses propres excès.

Les moyens mieux adaptés ne manquent pas. Mais nous n’en proposerons aucun, car le but lui-même est d’une légitimité douteuse, Il n’y a pas de vérité absolue et la foi doit rester une chose intime. On ne semble plus appelé à voir encore se produire des efforts collectifs destinés à étendre une religion quelconque. L'Eglise catholique elle-même, réduite à la défense du terrain acquis, ne songe plus pour le moment à l'attaque. Il faut, pour le plus grand bien de tous, souhaiter que ses adversaires évitent de retourner contre elle les maximes autoritaires et les procédés violents qu’ils lui reprochent : la logique les y oblige, la logique de leurs idées d’abord, et la logique en général parce qu’elle répudie les moyens non adaptés au but ou favorables aux adversaires qu’on combat. Pas plus qu’un prince, une majorité n’a droit de proclamer Ceujus regio, ejus religio ». ni intérêt à provoquer les conflits sanglants et les persécutions.

1. Crucé, Le nouv. Cynée, 1623 (Nys, Théories pol., p. 118 s).

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