IMPUISSANCE DE LA FORCE POUR OÙ CONTRE LA RELIGION
son fit publiquement, en 1838, une Proclamation de non-résistance. Adeen Baloo propagea la même doctrine pendant cinquante ans, en plus de 500 études et de 800 sermons, et les disciples du comte Léon Tolstoï{ ont, isolément ou collectivement, tenté de la mettre en pratique. — N’est-il pas superflu de discuter cet aveugle fanatisme?! Dans un monde où la lutte est inévitable, Pabdication de soi ne peut être une conduite durable, sous peine d'élimination. Elle atteindrait même moins bien son but final, qui est la paix, qu’une résistance universelle : la faiblesse appelle la guerre ?. Si au contraire on savait que chacun est disposé à soutenir énergiquement le moindre de ses droits, parce que c’est son droit, les lésions seraient beaucoup plus rares. La non-résistance serait contraire à laltruisme et à l’égoïsme : Pindividu n’a pas seulement le droit, mais le devoir de se conserver et de se développer, à la fois pour lui-même et pour la collectivité *.
On doit lutter pour ses désirs et ses croyances. Mais encore faut-il que les procédés de lutte soient adaptés au but. Estce le cas pour les guerres de religion? La réponse dépend du but qu’on envisage. S'il s’agit avant tout de satisfaire son aversion ou celle de Dieu contre les infidèles, d’immoler des victimes dont le sang soit agréable au Seigneur, d’exterminer ou de faire souffrir les dissidents, nul doute que la guerre ne soit le moyen le mieux adapté et même le seul adapté ‘. Si par contre on désire sincèrement la conversion des non-croyants, est-il possible de songer au recours à la violence? La foi ne se communique pas par la force ÿ. Cette vérité est si élémentaire, qu’on peut soupçonner la conversion de n’avoir pas été ou de n'être pas restée le but de semblables moyens : lintimidation, par laquelle on espérait latteindre, devenait le but immédiat. Plus que tous autres, les catholiques auraient dù ne pas méconnaïtre
A. La g. et la paix; Le salut est en vous; Espril chr. et patriolisme... — J. de Triac, p. 82, 93, approuve. — Mgr d’Hulst dit que les Quakers ont la conscience faussée parce qu’ils refusent de répandre le sang.
9. La non-résistance encourage le mal. « Si un individu annonçait qu’il se laissera voler et battre, il serait bien sûr d’être volé et battu. » (Larroque, La g., p. 245.)