Pradier-Fodéré, t. VI, p. 563 s; Calvo, t. IV, p
2. Déclar. de Pilnitz; manif. de Brunswick. — L’Angleterre, dit Chateaubriand (Itin. de Paris à Jérus., préf.) « invoqua qu’elle ne pouvait plus vivre en paix avec un pays où la propriété était violée, les citoyens bannis, les prêtres proscrits, et où les lois qui protègent l’humanité et la justice étaient abolies. » — Canning dit, en 1823, qu’on intervint, à raison non des réformes intérieures, mais de la tentative de propagande, puis de domination extérieures (Ghillany, Manuel dipl., t. II, p. 255.)
doctrines révolutionnaires. Elle fit la guerre aux rois, mais en désirant la paix des nations. Le 19 novembre 1792, la Convention, cédant au désir de prosélytisme extérieur que lui inspirait l'enthousiasme de sa mission émancipatrice, écrivait qu’elle « accorderait fraternité et secours à tous les peuples qui voudraient recouvrer leur liberté ». Les peuples attendirent impatiemment l’aide libératrice de la France. [ls reçurent ses soldats avec engouement : € Les Français, dit Gœthe. s’approchèrent en armes, mais ils semblarent ne nous apporter que leur amitié, et c’est en effet ce qu'ils firent. Is avaient tous l'âme élevée : ils plantaient gaiement de beaux arbres de liberté, promettant de laisser à chacun ses biens, à chaque pays son gouvernement. A leur vue, quelle joie chez les jeunes gens, quelle joie aussi chez les vieillards ! Et avec quel entrain se déroulaient les danses autour des nouveaux étendards! ! »
Plus tard, l’accueil diffère, manifestant le revirement des mobiles. Il est vain de prétendre, contre l’évidence, que le but, sinon la conséquence, des campagnes de Napoléon fut d'opérer € l'initiation armée des peuples européens aux idées civilisatrices de la France », ou de briser les trônes vermoulus de la féodalité pour instaurer des pouvoirs émanés du peuple, dont luimême était issu *. Telle fut sans doute l'illusion naïve et généreuse de quelques auxiliaires ; mais quelle dérision de faire, du despote assoiffé d’honneurs et de pouvoir, le champion de la liberté européenne! L’abus, non moins intéressé et égoïste ?, que fit la Sainte-Alliance de la politique d'intervention, à jeté, sur le principe même et son simple usage, un discrédit encore persistant. L’Autriche intervint contre Naples en 1820, et la France contre l'Espagne au profit de son roi en 1823.
La France eut un rôle plus heureux pour l’affranchissement de la Grèce et de la Belgique. L’Angleterre et la France intervinrent contre la Russie en 1854, en Chine, au Mexique; la Russie, en Hongrie en 1849, en Turquie en 1877 *; les Etats-Unis
1. Lévy-Bruhl, L’AU. depuis Leibnilz, p 241; — p 231 s : contagion de la liberté chez les peuples et de la crainte chez les princes, — La France ne fut donc pas dirigée exclusivement « par sa fatuité et son dogmatisme » (Dufraisse, Hist. du dr. de g., p. 234).
2. Lerminier, Phil. du dr., p. 58 : Son vœu intime était de persuader les peuples.
3. « L’intérèt était leur guide; la passion leur mobile ; la religion, leur instrument; Pimmoralité et l’oppression, leur but » (C. Leynadier, Hist. des peuples et des révol. — Nolte, L'Eur., t. I, p. 1).
4. Pour accroître son influence et sous prétexte de protéger les chrétiens,