CHAPITRE
Sophismes unilatéraux.
I. La guerre comme acte de défense. — IT. La guerre comme crime.
La guerre n’est pas toujours et exclusivement faite en vue d’un intérêt ni même d’un simple désir personnel. (V. supra : La cause commune des guerres.) Souvent l’objet, en même temps qu’il est désiré ou haï semble désirable ou digne d’aversion. La classification en guerres de rapport, d'intérêt ou opérations lucratives (als Streben nach Erwerb) et guerres-procédures juridiques (als Richterliches Institut, Rechtsprocess) ! ne comprend donc pas tous les mobiles possibles. Pour les embrasser, il faut faire deux grandes divisions : la 1", correspondant au côté que nous avons examiné jusqu'ici, c’est-à-dire aux guerres en tant qu’elles sont simplement objets de désirs (abstraction faite, même dans leur appréciation juridique, de ce que leur caractère juridique ou non juridique entre dans lintention de leurs auteurs); la 2° comprenant les guerres qui, tout en étant désirées, sont conçues comme conformes ou non à l'idéal, au droit, au devoir, en dehors de l’intérêt conscient ou du désir personnels ; et qu’il
1. Jähns, Ueber Krieg., p. 9, note ces deux idées dans l’étymologie de Krieg. Jacobi von Walhausen, Corpus militare, 1617 : Krieg hat sein Nahm vom kriegen oder erobern, dann man Krieget (recoit) Ehre oder Schande, Gewinn oder Verlust… Dans je Schwabenspiegel, au xnue s., et le Sfadtbuch d’Augsburg, Krieg a le sens de procédure : zu Kriege werden — in einen Prozess gerathen. — Ailleurs (Heeresverf., p. 179), Jähns reconnaît dans Sûüldner, soldat, outre l’influence de solidus, monnaie épaisse, celle de Sollen, devoir (?)