‹ Le Rôle de la GuerreChapitre 176 sur 471 · GUERRES OFFENSIVE LT DÉFENSIVE. DÉFENSE LÉGITIME · texte numérisé non relu

GUERRES OFFENSIVE LT DÉFENSIVE. DÉFENSE LÉGITIME

nous faut maintenant examiner !. Mais, auparavant il sera nécessaire de se mettre en garde contre deux erreurs en sens inverses : l’une qui y voit seulement l'acte de défense, et l’autre seulement l’acte criminel. ;

IL est moins intéressant au point de vue juridique de savoir qui à pris Le premier les armes que de connaître de quel côté est la provocation et surtout l’injustice. La véritable agression se trouve du côté de celui qui rend la guerre inévitable ?, et la défense du côté de celui qui la subit. Ainsi entendue la division en guerres offensives et défensives se rapproche de la division en guerres justes et injustes, sans se confondre avec elle, On conçoit théoriquement des guerres comme un moyen inévitable de soutenir un droit non positivement lésé : la défense n’est donc pas seule juste #. Par contre toute défense est légitimef, mais sous certaines conditions et dans certaine mesure.

La doctrine de non-résistance © n’est pas admissible : l’attaque autorise la réaction et, si besoin en est, l’emploi de la violence. C’est un sophisme d'en nier la moralité au nom de Pinviolabilité de la vie humaine : que les agresseurs commencent! La conservation de la victime est plus précieuse que la leur. Il faut donc résister, et avec énergie, sinon les Etats et les hommes malhonnêtes auraient trop beau jeu. Les non-résistants rapidement éliminés entraineraient dans leur néant leurs enseignements d’excessive bonté, et seuls survivraient les € méchants » et les mauvaises doctrines. — Est-ce à dire que la défense autorise & tous les moyens, même les plus extrêmes et inexorables » (Ordonn. pruss., 31 avril 1813 sur le landsturm »), ou seulement

4. Grotius, (1. If, ch. 1, $ 1; tr. Pradier, t. I. p. 343) distinguait les motifs d’intérêt et les principes de justice; 1. IT, ch. xxx, $ 1 $, t. II, p. 525 : les causes justificatives et les « causes qui tendent à conseiller » (les guerres qui n’ont ni l’une ni l’autre sont des guerres de bêtes sauvages; celles qui ont les dernières seulement, des guerres de brigands). — Christine de Pisan, Livre des faicts d'armes et de cheval., 1e P,, ch. 1v, disait plus exactement : les guerres sont fondées ou sur des « causes de droit » ou sur de simples « causes de volonté. »

2. Calvo, t. IV, p. 18 et cit, — Contra : Vattel, 1. IIT, $ 5.

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