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PROCÉDÉS MIEUX ADAPTÉS

pliquer aux fins les plus diverses et appartenant à des catégories plus ou moins élevées, chacun d'eux est approprié et Proportionneé à un but spécial. Leur substitution à la guerre n’est done possible que dans les cas où celle-ci est, non sa propre fin à elle-même, mais un moyen. Par contre, elle peut avoir lieu même si les volitions susceptibles d’engendrer les combats se multiplient et sont plus vitales, pourvu qu’elles ne deviennent pas plus exclusives. Or l’évolution humaine réelle semble avoir pour terme, et son idéal, pour but, ce double résultat, d’accroitre le nombre des actes téléologiques et de réduire les antagonismes à un nombre et à un degré moindres. Les substituts de la guerre deviennent ainsi de plus en plus largement possibles.

Ils deviennent aussi de plus en plus désirables. Grâce aux progrès de la civilisation, ses fonctions sont sans cesse mieux remplies et avec un avantage croissant, par d’autres moyens que par elle-même. Le chiffre qui exprime la relation de leur degré respectif d'efficacité devient plus favorable à ces derniers à mesure qu'ils se perfectionnent.

La guerre, au point de vue abstrait, n’atteint pas davantage, ni plus sûrement, son objet que jadis ; elle Patteint même moins bien. La production, l’échange, etc... atteignent de mieux en mieux les leurs !. En matière de subsistances (pour remédier à la surpopulation ou acquérir un surcroît de richesse), les per:fectionnements à l’intérieur, les procédés de lutte, non pour le renversement d'autrui, mais contre la nature ou pacifiquement contre les hommes, la production (ou transformation des utilités potentielles en actuelles), la division croissante du travail. assurent plus commodément à l’effort un rendement total sans cesse plus élevé et plus sûr en soi et relativement à l’extermination. Le développement du commerce, les progrès de la répartition, l’évitement des gaspillages dans la consommation, tendent à assurer un revenu individuel suffisant et moins aléatoire que les parts de butin ?.

4. E. Steinbach, Friedensbew., p. 72; E. Rignano, Un socialisme, p. 333-342. — Loin de nous la pensée de nier les progrès de l’art militaire : Napoléon eut incontestablement vaincu Alexandre. Mais, abstraitement, une nation moderne n’a pas plus de chances de triompher de son ennemie qu’une ancienne du sien, et, par contre, son effort économique est mieux récompensé. Pourquoi? Dans le premier ordre de faits, le succès dépend de la prépondérance par rapport à un groupe étranger : or les deux termes de légalité, c’est-à-dire les forces des rivaux ont augmenté dans le cours des temps : l'égalité s'établit à un niveau supérieur, mais subsiste (sauf envers les attardés), Dans le second, les chances de satisfaction croissent en elles seules, sans qu’il yait, par essence, à surpasser celles d'autrui.

2, Si l'abondance est si peu répandue, ce n’est pas seulement parce que les ri-

Pour la propagande des idées, la défense des droits, nous bénéficions de même d'instruments sans cesse perfectionnés. La discussion, facilitée par la diffusion des écrits de toutes sortes, a, sur la contrainte, l'avantage de n'être point unilatérale, de faciliter la tolérance réciproque des opinions, et elle ne fait pas naître de répulsion immédiate pour celui qui lemploie. Le jugement des causes internationales, d’après les règles de justice, est supérieur à la décision par les armes et rendu possible par la constitution d’une Cour arbitrale. — Il est difficile de s’assimiler une population étrangère : il faut faire des sacrifices, tenter ceux qu’on désire s’agglomérer par la séduction de notre justice, de notre prospérité et des avantages qu’ils auront à y participer, ettout cela coûte des efforts sérieux ; mais ne faudrait-il pas, au cas de conquête, faire les mêmes sacrifices après ceux de Ja campagne militaire? Par l’emploi de la force, ne s’aliénerait-on pas définitivement la bienveillance des provinces à acquérir, ou bien ne faudrait-il pas un long temps et de patients efforts pour parvenir à la recouvrer ? Il est donc préférable d’attirer plutôt

que de contraindre .

Les procédés rationnels ont déjà été employés concurremment

avec les autres. Le progrès, lidéal, consisteraient à les employer

exclusivement. Il n’est point douteux que l’homme ne s’y con-

chesses sont inégalement réparties, mais surtout parce qu’il n’y en a pas assez, (Gide, Ec. pol., p. 441.) Les socialistes insistent surtout sur l’égalisation de la répartition, ce qui semblerait admettre que la masse à partager est suffisante. Quant à la production, ils veulent la socialiser, afin qu’elle vise la productivité plutôt que la rentabilité. — Necker (Adm. des fin. de la Fr ), St-Simon (L'industrie; T. XVIII, p. 79), etc... : le travail interne, l’action d'un peuple sur lui-même est préférable à la mauvaise spéculation de l’action sur l'extérieur, — Bastiat (Harm. écon., Ch. x1Ix, p. 502) : un homme, et il en est de même d’un peuple, a deux moyens de vivre : ou travailler ou voler. — Comte, Proudhon (La y., t. II, p. 382), Buckle (Hist. de la civil. en Angl.), Spencer, Raffaele Tarantelli (G. e lavoro, p. 19 s), comptent sur le travail et l’industrie, — Les opinions précédentes supposent que la production peut suffire à la population, contrairement à la prétendue loi de Malthus. Vaccaro (La lutte pour l'exist., p. 33) préconise au contraire un moyen préventif : mettre des freins à l’augmentation de population. (L’augmentation du bien-être, de la prévoyance y contribuent, en fait.) Mais ce procédé diminue, aux yeux des non-malthusiens, les forces productives et les éléments de satisfaction et, aux yeux des darwiniens, le champ de la sélection.

1. Nous avons indiqué d’autres procédés mieux adaptés (2 P., L. I et II.) — V. en outre un excellent tableau synoptique avec commentaires, dans : Novicow, Les lutles.…., p. 403. 11 oppose, pour chacun des buts de guerre, les procédés lents ou irrationnels aux procédés rapides ou rationnels. — Id., La Fédér., p, 287 s; pour la génération : parade et cour, au lieu de batailles et tueries; pour se dise puter les marchés, employer la concurrence; pour conquérir le pouvoir dans PEtat : organisation des partis, agitation électorale; dans le domaine intellec: tuel : apostolat; pour les modifications de frontières : plébiscites, délibérations des assemblées, négociations. — Id., Conscience, p. 317 : un objectif intellectuel ne peut être réalisé que par des procédés intellectuels (9)

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