Cf. Jähns, Heeresverfassungen u. Vülkerleben, p
3. L’idée n’est pas nouvelle ni exclusivement religieuse : v. Laurent, Hist. de l’hum., t. 11, p. 440, — Marsile de Padoue, De potestate imperiali el papali, seu Defensor pacis (1324), Bâle, 1522. — Herder (E. Bavoux, Phil. pol., t. IT, p. 71, 78); Malthus, Essai sur le princ. de popul., III, ch. 1.
4. « Der Krieg als Element der gôttlichen Wellordnung », suivant l’expression de De Moltke. — Exposé et réfut, dans : E. Schlief, Der Friede, p. 22-58.
5. Polit. lirée de l'Ecrit. sainte, 1. IX, art. 1v; Sermon pour la circoncision, t. V, p. 238; t. VI, p. 832; — v. Rev. contemp., t. LXIII, juin 1868; de Parieu, Prde sc.
pol., p. 358. — Vauvenargues, Hobbes, Zimmermann (Der Mensch, die Räthsel u. Wunder seiner Natur, Berlin, 1864, t. I, p. 64), voient aussi dans la guerre un fléau
providentiel. — Schiller, dans son Wallenslein, fait dire à Max Piccolomini :
Der Krieg ist schrecklich wie des Himmels Plagen, Doch ist er qui, ist ein Geschick, wie sie.
Frédéric le Grand (Examen d'un essai sur les préjugés, Œuvres, t. IX) : la guerre, insalutaire, est un fléau du ciel, fondé sur l'ordre de l’univers, car elle est périodique.
le réalisme, où de Maistre se montre le précurseur de Comte : Q IL faut toujours rappeler les hommes à l’histoire, qui est le premier maître en politique ou, pour mieux dire, le seul... L’histoire est la politique expérimentale, c’est-à-dire la seule bonne ; et comme, dans la physique, cent volumes de théories spéculatives disparaissent devant une seule expérience, de même, dans la science politique, nul système ne peut être admis, s’il n’est le corollaire plus ou moins probable de faits bien attestés *. »
Toute la philosophie du comte de Maistre, dit Lamartine, n’est que la théorie de ses instincts religieux *. Au fond, «les pages sur la nécessité et la vertu dela guerre, sur les sacrifices, sur linquisition, sur le bourreau, ne s’éloignent réellement point de la doctrine du catholicisme *. » La providence mène au bien par le mal, récompense ou punit par des faits en apparence accidentels ; le mérite et le crime sont réversibles ; Pexpiation a lieu par le sang versé (rédemption, eucharistie).
« Lorsque l’âme humaine a perdu son ressort par la mollesse, l’'incrédulité, et les vices gangréneux qui suivent l’excès de civilisation, elle ne peut être retrempée que dans le sang... Le genre humain peut être considéré comme un arbre qu’unemain invisible taille sans relâche et qui gagne souvent à cette opération. Les lieux communs sur la guerre ne signifient rien ; il ne faut pas être fort habile pour savoir que plus on tue d’hommes, moins il en reste dans le moment, comme il est vrai que plus on coupe de branches, et moins il en reste sur l’arbre; mais ce sont les suites de l’opération qu’il faut considérer. Or, on peut observer que le jardinier habile dirige moins la taille à la végétation absolue, qu’à la fructification de l’arbre; ce sont des fruits, et non du bois et des feuilles, qu’il demande à la plante. Or, les véritables fruits de la nature humaine, les arts, les sciences, les grandes entreprises, les hautes conceptions, les vertus mâles, tiennent surtout à Pétat de guerre. On sait que les nations ne parviennent jamais au plus haut point de grandeur dont elles sont susceptibles qu'après de longues et sanglantes guerres... On dirait que le sang est l’engrais de cette plante qu'on appelle le génie #.