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DÉCHÉANCE DE LA GUERRE. CARACTÈRE LOGIQUE ET POSITIF

bile suffisant d'accomplir les grands travaux publics, les entreprises industrielles. Les stimulants de linvention et de lhabileté en mécanique ne sont plus principalement la nécessité de produire des flèches ou des massues, ni même des canons et des plaques de blindage : les marteaux-pilons, les béliers hydrauliques, les locomotives, les téléphones répondent à d’autres besoins.

On n’a plus de profits à retirer de la pratique de la guerre, ou seulement des profits compensés par des inconvénients beaucoup plus considérables. QI n’y a plus que des maux à attendre de la continuation du militarisme chez les nations civilisées. » La méthode qui a présidé à la consolidation des nations, à leur organisation, à leur éducation a été indispensable : elle ne lPest plus, aujourd’hui. Elle est devenue un obstacle. Tout progrès ultérieur dans la production et le bien-être social, dans la liberté et l’équité, dans la moralité, dépend de la réalisation d’une condition Sine qua non : la cessation de la guerre et la diminution des armements (t. III, p. 878, 880).

Les moralistes, qui portent, sur le bien et le mal, des jugements absolus, ont reproché à Spencer d’avoir été inconséquent: un fait, disent-ils, est un bien ou un mal moral, mais, qu’il soit Pun ou Pautre, il Le reste dans tous les temps, en tous les lieux, sous toutes ses formes. II leur semble que si la lutte était bonne autrefois, elle devrait l’être encore aujourd’hui : que si elle est mauvaise sous la forme guerre, elle doive l’être aussi sous sa forme concurrence. (On ne peut sans une arbitraire décision dogmatique condamner la lutte sous sa forme de destruction directe par les armes alors qu’on la préconise sous la forme indirecte de la concurrence qui affame et conduit au dépérissement des faibles. Le philosophe évolutionniste de la force vante lefficacité des exterminations d'hommes, mais il en arrète l’application tllogiquement où cela lui plaît!. » — Si l’on reste dans le relatif et même sans combiner le juste avec Putile, on s’apercoit au contraire que les faits, jugés bons ou mauvais, non intrinsèquement, mais d’après leurs conséquences, peuvent avoir eu de bonnes conséquences s'ils ont été répétés à 10 exemplaires

4. Renouvier, Phil. anal. de l'hist., t. IV, p. 392. — Spencer avait expressément prévenu l’objection : « Le monstre aux dents et aux oriftes rouges de sang a été une condition du progrès de la vie. Il n’en faut pas conclure qu’il doive exister

dans tous les temps. » Les luttes ont créé une organisation, développé des forces qui peuvent s’employer à d’autres fins que ces luttes même...

et non à 100, hier et non demain. Le labour, nécessaire avant la semaille, deviendrait désastreux si on s’y livrait au moment de la récolte. Le médicament administré au delà d’une certaine dose ou après effet, c’est-à-dire après guérison, est au moins superflu. L’accomplissement d’un acte tend ainsi souvent à rendre inutile sa répétition : la guerre, par le fait qu’elle à eu lieu et a produit tous Les effets utiles qu’on pouvait en attendre, s’est ellemême rendue inutile. Toute valeur, juridique ou utilitaire, reposant sur une relation, la logique exige une solution, non pas toujours semblable à elle-même, mais variable suivant les circonstances. Ne pas l’admettre équivaut à cette absurdité : un rapport reste uniforme quand lun des termes change.

Ce changement est-il conforme à la réalité ? D’autres auteurs l’ont contesté, et toute apologie pure ou toute théorie pacifiste intransigeante sous-entend cette négation. € Non seulement la distinction est contradictoire, mais elle est ineæacte; la guerre à toujours été mauvaise, et, si on la juge bonne primitivement, c’est qu’on songe à la défense et non à l’attaque !. » — C’est mal comprendre Spencer et ses partisans que les faire songer à la seule riposte : ils attribuent les caractères de nécessité et d’utilité à l’ensemble du phénomène et non à un de ses côtés. Ce faisant, ils restent dans le bon sens, car les effets généraux sont absolument indépendants de la justice de la cause, — en partie dans la vérité, car quelques-uns de ces résultats ont été bons, — et enfin dans Phabileté, car nier ce fait équivaut à faire le jeu des apologistes. La théorie dont nous n’avons rapporté que les conclusions s’appuie, chez son auteur, sur des observations nombreuses, qui font foi de l'énergie physique, du courage, de lPapplication autrefois engendrés et de la sélection opérée par la guerre. Que les faits soient actuellement différents, opposés. même, ce n’est pas plus une raison pour nier le passé que ce passé n’exclut l’idée de la paix éternelle ?.

— Le passage de l’activité militaire à l’activité industrielle et l'opposition de ces deux concepts * sont encore plus conformes à la réalité. Mais Spencer n’eæplique pas cette explication de l’é-

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