‹ Le Rôle de la GuerreChapitre 34 sur 471 · CARACTÈRE BELLIQUEUX DES PEUPLES · texte numérisé non relu

CARACTÈRE BELLIQUEUX DES PEUPLES

ont peut-être été plus méchantes, mais elles furent certes moins serviles qu’on le donne à penser.

Ce trait ne fut pas méconnu par tous les pacifiques. € L'esprit belliqueux, dit l’un d’eux!, est inhérent à la nature des peuples : 11 a passé dans leurs mœurs, il tient aux idées comme un premier amour au cœur de vingt ans. » Les enfants ne sont pas seuls à aimer les fanfares guerrières : jouer aux soldats est tou- Jours Poceupation favorite des peuples enfants, et cela reste ou redevient celle de peuples adultes. € Il y à certaines nations qui ont une prédilection générale pour la vie guerrière ?, » Pour elles, la guerre est une fin en soi. L'Allemagne manifesta presque constamment cette tendance et aujourd’hui encore elle est la terre de prédilection d’apologies qui sont, pour la plupart, le produit de l’influence du désir impulsif de guerre sur des esprits scientifiques et abstraits. La France même fut € essentiellement belliqueuse. » Tandis que les Anglais se battent pour les intérêts de leur commerce, les Français se battent € pour le plaisir de se battre *. »

L'histoire de la féodalité, de la chevalerie, des condottiéri, fournirait plus d’un exemple de ce goût de la lutte. &« Au moyenâge. dit un auteur “, peu s’en faut que la guerre ne devienne une vertu ; elle tourne à l’art » ; et un autre Ÿ appelle € guerres esthétiques, guerres pour la guerre », celles qui eurent lieu aux beaux temps de la chevalerie. Si les goûts belliqueux ne déterminent pas les hostilités, ils provoquent du moins Penrôlement. Les routiers, brabançons et cottereaux, les soldats suisses qui, au lieu de poser leurs armes après avoir conquis indépendance, se mirent au service de l’étranger, cherchaient sans doute à vivre de la guerre, mais s'ils en firent un métier, c’est moins par un intérêt, qu’ils eussent pu satisfaire autrement, que parce qu'il leur plaisait et qu’ils le jugeaient beau : Pidée de sa désirabilité se trouvait ainsi mêlée à leur désir réel.

La crainte entre nations et, si elle est permanente, la haine

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