LA SÉLECTION A REBOURS OU PÉJORATIVE
pas imiter l’émulation des agriculteurs pour éviter l’abâtardissement des espèces ?
Ces paroles rappellent l’enseignement de la sélection. « Dans les limites d’une même tribu, dit Darwin, les hommes les plus braves, les plus ardents à s’exposer aux premiers rangs de la mêlée, et qui risquent volontiers leur vie pour leurs semblables, doivent, en moyenne, succomber en plus grande quantité que les autres !. » Sa traductrice C1. Royer ? place la guerre au premier rang des actions néfastes qui « déciment les hommes les plus robustes et les plus actifs, les plus hardis, les plus intelligents. » Son disciple Ernest Hæckel? est du même avis : € Plus un jeune homme est vigoureux, bien portant, normalement constué, plus il a de chances d’être tué par les fusils à magasin, les canons rayés et autres engins civilisateurs de même espèce. Plus un jeune homme est infirme, faible, étiolé, plus il a de chances d'échapper au recrutement et de fonder une famille. Tandis que la fleur de la jeunesse perd son sang et sa vie sur les champs de bataille, le rebut dédaigné, bénéficiant de son incapacité, peut se reproduire et transmettre à ses descendants toutes ses faiblesses et toutes ses infirmités. » Les délibilités tendent ainsi, de par l’hérédité, non pas seulement à se multiplier, mais à s’aggraver. |
Un des plus originaux partisans du darwinisme social, M. Vacher de Lapouge, constate les déplorables « effets qualitatifs de la sélection militaire », Chez les sauvages et les barbares, tout le monde participant aux opérations ‘, les hommes mal constitués y périssent et les forts, les adroits survivent. Toutefois les peuples guerriers se consument par l’excès de leur activité spé-