Darwin, De l'orig. des espèces, tr. Cl, Royer, p
4, Steinmetz, Der Krieg, p. 22.
dustriel et social. Les soldats du Danemark ne possédaient-ils même pas en 1864, des qualités intrinsèques égales à celles des ennemis ? La différence résidait moins dans la valeur comparée des unités que dans le nombre d'exemplaires.
Les spécialistes s'accordent à reconnaître l'influence de ce dernier. Le concept nu du combat, abstraction faite de la valeur des troupes, se ramènerait, suivant Clausewitz !; à une question de chiffres. La supériorité numérique, € principe général de la victoire », est tellement essentielle, à ses yeux, qu'il se refuse à appeler bataille la rencontre où une armée ne Pemporterait pas sur une autre dix fois plus faible. € L'histoire, répète von der Goltz?, confirme le proverbe français: Dieu est avec les gros bataillons. » Loin de décroitre, l'influence du nombre s’est plutôt accrue. Depuis labandon de la factique linéaire, la victoire, subordonnée non plus à un choc unique, mais à une série de rencontres où les forces s’usent, appartient à celui qui dispose de la masse la plus considérable. D'autre part, avec les armées modernes, bien organisées, lénormité des effectifs ne risque plus? d’être une cause de gène. — A cette double action favorable au nombre s’en ajoute une autre, plus complexe.
La quantité des combattants est décisive seulement si la qua- Hté militaire n’est pas disproportionnée, ou plutôt à condition de contre-balancer le reste des circonstances concomitantes f. Une multitude d’incapables ne serait d’aucune utilité. C’est du nombre des Hommes * seulement qu’il faut tenir compte. Jominum, non nominum numero. — Ceci étant donné, la tendance moderne n'est-elle pas d'attribuer une importance croissante au nombre, puisqu'elle opère, même au delà des frontières, une peréquation des hommes, grâce au mouvement démocratique, à instruction militaire partout répandue et partout analogue ?