SECTION VII. — LE MILITARISME
La guerre engendre le militarisme : elle a donc pour effets indirects les effets du militarisme. Qu'est donc le militarisme ?
Suivant le sens dont on convient, c’est : ou bien un état de fait, soit la prédominance de Pactivité militaire et guerrière, (Spencer), soit l’application d’efforts et de dépenses exagérés à la paix armée, — ou bien un état d’esprit, un ensemble de théories ou plutôt (car elles sont peu systématiques) de tendances, qui poursuivent la conservation ou encouragent le développement de cet état de fait. Nous avons déjà examiné la première acception ; en appréciant maintenant la seconde, nous jugerons du même coup la troisième.
En ce sens, c’est une véritable Qintrusion de la guerre dans la paiæ » !, une maladie chronique qui s’ajoute à une maladie aiguë, sans même en empêcher le retour. Le développement pathologique de l’état militaire suppose une disproportion, assez difficile à déterminer, entre la somme des forces vives consacrées à la préparation de la guerre et les nécessités réelles ou idéales — elles-mêmes assez vagues — de cette préparation : il est donc doublement impossible d’en préciser les caractères. En pratique, on en reconnaît en général l’existence aux signes suivants ? : 1° le service militaire est présenté comme le premier devoir du citoyen et imposé comme une obligation universelle (c’est aussi, à certaines époques, une précaution indispensable) ; 2° les forces armées du temps de paix sont développées hypertrophiquement. (permanence; élévation des effectifs; durée du service) ; 3° la préparation de la guerre, qui est une préoccupation fonda-
rétrécissement mental et moral que produit l’exorbitante prépondérance de l’ac tivité industrielle. » (4b.)