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ÉCONOMISTES, HOMMES D'ÉTAT ET MILITAIRES

capitaine n’épargnait pas les railleries à son propre métier: € Est-il rien de plus juste que de se couper la gorge avec quelqu’un qui vous à marché sur le pied par inadvertance ? » Gœæthe, Erckmann-Chatrian, avaient vu de près les batailles. P.-L. Courier, À. de Vigny ont été soldats avant d'écrire, Pun la Conversation de la duchesse d'Albany, l’autre Grandeur et servitude militaires . Volney (Les Ruines, x\v) prévoyait un temps où les peuples € soumettraient à des voies civiles le jugement de leurs contestations ».

On prête à Napoléon If lui-même des jugements sévères sur les horreurs de la guerre (à Eylau..). Il eût voulu, à la paix, prétendit-il, agglomérer les peuples morcelés par les révolutions et la politique, et amener tous les souverains à n’avoir plus que leur simple garde ?. Alexandre, le mystique empereur de Russie, aspirait à établir un congrès des nations et à substituer Parbitrage aux combats, et son successeur, Nicolas E° « abhorraiït » la guerre. Louis-Napoléon, en 1831, écrivit à sir Walter Scott que la guerre et la peine de mort sont un héritage de la barbarie. € Entretiendrons-nous toujours de mutuelles défiances par des armements exagérés, » demanda-t-1il dans son discours d’ouverture de session du 5 novembre 1863, et il souhaïita, qu’on ait « le courage de faire les sacrifices nécessaires pour établir Paccord des peuples *. » En Angleterre. à la Chambre des Communes, Robert Peel en 1849, Cobden dans sesnombreux discours, Gladstone le 16 juin 1893, Henry Richard... ont proclamé mainte fois que la guerre est une honte pour la civilisation.

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Voilà quelques-uns des témoignages qui établissentquela guerre est un mal. Jamais on ne le répétera trop. Mais 11 faut songer aussi aux remèdes. Parmi les projets * émis en ce sens, les uns

‘4, « L'existence du soldat est, après la peine de mort, la trace la plus douloureusé de barbarie qui subsiste entre les hommes. » — Cf. Grand, Paixhans, Bugeaud, Canrobert (Conf. de Londres, 1890), Jung.

2. Las Cases, Mémorial de Ste-Hélène, vu, p. 265. — « Après la chute es mon SYyStème, il n’y aura pas en Eur ne d'autre équilibre possible que la confédération. » (Œuvres de Napoléon IL, t. 1, p. 26.) — « La guerre est un métier de harbare,. entre Européens, une guerre civile, etc... » (E. de Girardin, Désarm., p. 58.)

3. Idées napoléoniennes : reine Horlense... — En 1816, le prince-régent d’Angleterre prit l’iniliative d’une proposition re désarmement. (V. supra.) Vers 1873, le due Pierre d’Oldenburg visita les cours d’Europe pour Îles décider à abolir la guerre, instituer l’arbitrage et réduire les armements.

4. Historiques : La paix univ, idée napol. devant l'hist., 1864, p. 10 5 ; ; Fayet, Paix

comportent une réorganisation où une profonde transformation de la société entière, à l’intérieur comme à Pextérieur (République de Platon, Utopie de Morus..) ; d’autres se contentent de poursuivre la paix internationale per des plans d'organisation politique ; d’autres enfin ne préconisent que des moyens juridiques. Les premiers sortent du présent cadre. Quant aux autres, les plus anciens, justes dans leur partie critique, sont fantaisistes dans leurs reconstructions, parce que, tout subjectifs, 1ls ignorent les nécessités historiques et même les conditions de viabilité des sociétés ; les récents, tenant davantage compte des continsences, sont beaucoup plus modestes.

On fait généralement remonter à Henri IV lorigine des projets de paix perpétuelle. Près de trois siècles auparavant, Jacques d'Arteveld et Henri de Gand avaient rêvé d’une fédération européenne des communes !. En 146%, Georges Pobiedrad ?, roi de Hongrie, en lutte avec Pempereur Frédérie HT et le pape Pie IT, dépêcha, — sous Pinspiration de son conseiller, le Grenoblois Ant. de Marini, — une ambassade vers Louis XI pour lui proposer de convoquer un parlement de rois et de princes, dans le but d’émanciper Les peuples et les gouvernements par Forganisation d’une nouvelle Europe. Le roi très chrétien se montra personnellement favorable, mais ses ministres €jetèrent les hauts cris ».

Vers la fin du xvi® siècle, Henri IV aurait conçu le € grand dessein d’une république chrétienne ». Sa correspondance avec Maurice le Sage, landgrave de Hesse, a été publiée *. De nombreux émissaires furent envoyés dans l'Allemagne du Nord, en Hongrie, à Venise, à Genève. En 1602, il écrivit à ce sujet à la reine Elisabeth, qui aurait, dit-on, conçu antérieurement la même idée *.

perp , p. 44 s; Pradier-Fodéré, €. VI, p. 55-184... K. P. Arnoldson, Pax mundi, 1896; G. Prato, Teoria della pace, derivaz., svolgim. hist. e risultati, 1897; J. de Bloch, t. V (peu coordonné et incomplet); E. Schlief, Friede, p. 112-184... — Rapports avec les événements historiques généraux : £. Bourgeois, La paix et lens. pacif., p. 81 s.

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