‹ Le Rôle de la GuerreChapitre 464 sur 471 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

L'idéal qui ressort de la doctrine pacifique ne constitue pas, on le voit, une construction dans le vide. Les idées lui fournissent une base beaucoup moins mouvante que les sentiments. Pas une seule fois, nous n’avons eu recours au pathétique ni aux arguments déclamatoires. L'observation et la logique seules nous ont fourni les moyens d'appréciation. Nous avons vu que la guerre a évolué, mais vers le pire, qu’elle a eu peut-être quelque raison d’être ou du moins quelque fatalité dans le passé, mais qu’elle est devenue une contingence, un non-sens, une calamité, un crime. Le maintien de la paix générale et la réduction des armements excessifs qui pèsent lourdement sur toutes les nations nous ont apparu comme le but auquel doivent tendre les efforts de tous les gouvernements et de tous les individus. (Manifeste du tsar Nicolas IT.) L’avénement de ces bienfaits est subordonnée au développement des procédés légitimes de satisfaction des besoins, au triomphe des institutions libérales et de esprit de tolérance, et enfin à la consécration des principes Juridiques sur lesquels reposent la sécurité des Etats et le bien-être des peuples. Cette paix, ce bien-être doivent consister non pas dans la jouissance désordonnée, ni dans la résignation, le repos ou l’indolence, pires que la mort, mais dans la puissance, l’activité, la variété, seules capables de donner une raison de vivre. Quant à leurs chances de réalisation, il faut se garder du doute et de lillusion. € Le sceptique croit que humanité piétine sur place : il se trompe. Il ne voit pas que nos pères nous ont épargné les erreurs même où 1ls sont tombés. Celui qui à la foi dogmatique croit que l'humanité est arrivée, Il y à un milieu entre ces deux hypothèses : il faut se dire que Phumanité est en marche et marcher soi-même. Le travail vaut la prière : agissons au lieu de prier. N’ayons espoir qu'en nousmêmes et dans les autres hommes... Le monde nous suit-il? Avançons toujours. Nous sommes comme sur le Léviathan :

Page 1