CONCLUSION
perdu dans l'océan, il arriva pourtant. Peut-être lhumanité arrivera-t-elle aussi à un but ignoré qu’elle se sera créé à ellemême. Nulle main ne nous dirige, nul œil ne voit pour nous; le gouvernail est brisé depuis longtemps ou plutôt 11 n’y en a jamais eu ; ilest à faire : c’est une grande tâche et c’est la nôtre !. » Nul doute que l'élimination des guerres ne soit comprise dans l'idéal et dans le devoir de l'humanité. Mais 1l reste une question d’ordre relatif, non la moindre. Le moment est-il bien choisi et les circonstances opportunes pour se livrer à la propagande pacifique? Deux grands intérêts se trouvent en présence dans la société moderne : celui de la sauvegarde de lexistence, de l'indépendance nationales, c’est-à-dire, en cas de besoin, de la prépondérance par les armes, et celui de la civilisation, des principes, c’est-à-dire de la supériorité par l’industrie et par la science : c’est non pas en les sacrifiant lun à l’autre, mais en les conciliant, qu’on rendra le pays puissant *. € La jeunesse a un double devoir : celui de défendre jusqu’à la dernière extrémité sa patrie, mais aussi celui de la défendre contre la guerre *.» Peut-être la France, que nous voulons grande, et qui le fut sur le terrain militaire, le sera-t-elle davantage encore dans les œuvres de paix, de travail et de justice.
Guyau, Esquisse d’une morale sans obligalion ni sanction, p. 251. Beudant, Discours à la Facullé de droit, 1890. Fréd, Passy, Congrès intern. des Etudiants, Liège, 1905.