CAUSES DU CANNIBALISME
gnages antiques , les découvertes du D' Spring, de l’abbé Chierici, de M. Regnoli, du prof. Capellini, de MM. Garrigou et Filhol, ete. ?... La linguistique confirme leurs données : trois mots hébreux rappellent : manger *; le mot sanscrit gur, vaincre et manger, montre que ces actes étaient communément associés dans les coutumes primitives #.
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On s’accorde généralement sur la fréquence primitive du cannibalisme, soit comme but, soit comme résultat de la guerre, soit même en dehors d'elle. Les divergences commencent lorsqu'on s’occupe de ses mobiles. Le tort des auteurs consiste à s'attacher exclusivement à une seule des explications ÿ qui, ne se contredisant pas, doivent plutôt être admises simultanément : le cannibalisme à eu conjointement des causes multiples ; quant à sa cause originaire, elle a probablement varié suivant les
pays.
La faim, le besoin de nourriture, surtout lorsqu'on est dans Pimpossibilité de les satisfaire autrement, tiennent certainement une des premières places. Chez les Canaques néo-calédoniens, par exemple, 1l y a des disettes fréquentes, et l’homme est, en dehors des chauves-souris et des rats, presque le seul mammifère ; de même, aux Fidji, à la Nouvelle-Zélande, à la Nouvelle-Guinée, le gros gibier manque totalement”. Même dans ce cas, le cannibalisme peut survivre à la nécessité qui Pa fait nai-
4. Pline, Hist. nat., 1. VII, $ 2. — Aristote, Pol., 1, VIII, c. 111 — Diodore de Sicile, Strabon y font allusion, — Deutéron., ©. vu, v. 53 ; Jérémie, XIX, 9. — Hérodote (1. IV, c. xviu, xxut) l’attribue aux Androphages et Issedons, tribus voisines des Scythes ; Bodin (De republ., 1. 1, c. v) aux Thraces.
9, Bibliographie et renseignements dans: Mis de Nadaïllac, Les premiers hommes.., t. II, p. 206 s. — Ex., dans Lombroso, op. cit, t. I, p. 51 s. — J, Taylor, Origin of the Aryans, p. 101, admet son existence dans l’Europe néolythique. — En sens contraire : G, de Mortillet.