‹ Le Rôle de la GuerreChapitre 85 sur 471 · MOBILES DIVERS DE LA CAPTURE DES FEMMES · texte numérisé non relu

MOBILES DIVERS DE LA CAPTURE DES FEMMES

en conservèrent l'usage. Même après sa disparition, on conserva le simulacre de la capture dans le cérémonial du mariage !. — Il semble aussi que le désir de posséder un nombre aussi grand que possible de femmes, c’est-à-dire d'esclaves (v. infra), a poussé à la guerre afin de s’en procurer. — Spencer ? ajoute enfin une explication plus subtile. L’enlèvement des femmes destinées à devenir des épouses, des concubines, des esclaves, n’est qu'une des formes du pillage, un incident des guerres heureuses entreprises en vue d’autres buts, et sous cette forme il existe chez tous les peuples non civilisis. Les captives, qui sont la meilleure part du butin, constituent ainsi un trophée, un signe de succès. On en arrive à estimer que les mariages avec des étrangères sont plus honorables que les mariages avec des indigènes. De à à chercher à s’en procurer de la mème façon, par des violences faites uniquement dans ce but, il n’y à qu'un pas, vite franchi par le sauvage, surtout si la présence d’un grand nom-. bre de guerriers pourvus de femmes étrangères jette une sorte de discrédit sur l’homme exceptionnel qui n’en à pas. Il nait une véritable loi, une obligation impérieuse de se procurer des concubines dans d’autres tribus, soit par la guerre, soit par un enlèvement qui amènera de la part de l’ennemi une guerre de vengeance. — L’enlèvement devient ainsi, de résultat qu’il était, un but. Il peut inversement rester un résultat, un incident des combats suivis de victoire, longtemps après que la guerre génésique à disparu. On peut même rapprocher de ce droit de propriété définitive acquis sur la femme à titre de butin, le droit de possession momentanée que s’arrogent les soldats, même modernes, sur les habitantes du pays vaincu, notamment dans les expéditions coloniales. C’est heureusement le dernier vestige de toutes les atrocités précédentes, aujourd’hui disparues. Elles avaient comme conséquence commune lasservissement de la femme. Il n’y à pas à regretter que cette situation ait cessé, au point de vue tant social que moral, pour la bonne harmonie du foyer et l’éducatiou des enfants.

4. I1 ne faudrait d’ailleurs pas induire de cette capture figurée des cérémonies nuptiales, à l’existence antérieure de la capture réelle dans d’autres tribus par la guerre . La capture simulée peut dériver aussi: d’une capture réelle dans l’intérieur de la tribu, ou de la lutte entre rivaux; ou bien de la résistance opposée par la femme par modestie, réserve naturelle, par aversion,; ou bien, comme cela existe dans certaines régions par un point d’honneur spécial, de la résistance de ses amies, ou des hommes de sa famille ; — v. H. Spencer, Pr. de soc., t. II, p. 240,

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