INFÉRIORITÉ RELATIVE DE L’ESCLAVAGE
dent de plus en plus difficile cette dernière. Chacun de nous deux à moins d'efforts à faire : celui qui n’est plus seul à travailler, parce que sa besogne est partagée; nous-mêmes, qui commençons à travailler, parce que cela nous dégage des efforts, des soucis et des hasards d’une domination violente. Sans même compter le bénéfice de la division du travail, le labeur libre est plus productif qu’un esclavage destructeur, chez lilote, de la personnalité, principe de toute moralité et de toute énergie morale, et, chez le maitre parasite, de la capacité de l'effort. Tout système de prélèvement exagéré sur le fruit du travail épuise la capacité productive! et n'encourage pas à mettre en œuvre ce qui en reste. La coopération volontaire et rémunérée donne au contraire un intérêt à produire le plus possible, puisqu'on obtiendra, par l’échange, des moyens plus nombreux et plus variés de satisfaction. En partant du but final des guerres d’esclavage (la satisfaction de nos besoins par le travail d'autrui), nous pouvons donc nous convaincre que lPesclavage n’est ni le seul ni le meilleur moyen pour Patteindre, et que le procédé pacifique de l'échange des prestations et des services est mieux adapté.
Auprès des hommes capables de travailler sous la pression des besoins, pour l'échange, sans la menace de violences, l’asservissement est absolument superflu. Partout ailleurs, 11 faut tendre à élever les populations assez haut pour qu’elles puissent pratiquer le travail libre : et dans ce cas, le maintien de la servitude ou d’un état voisin serait un singulier moyen d’éducation de la liberté. On peut à peine prendre au sérieux la proposition, — émise par quelques Don Quichotte de la logique ? que les prémisses de lears systèmes forcent à adopter cette conclusion, — de rétablir l'esclavage. Qu'ils se consolent en songeant aux vestiges qui en subsistent aux colonies et dans les chasses à l'homme organisées en Afrique pour €se procurer de la main d'œuvre », ainsi qu'aux formes adoucies qui persistent chez les nations civilisées, même en dehors de la conquête.
4. La société ressemble parfois à ces arbres que l’abondance et les exigences de plantes parasites entraînant ainsi leur propre mort, ont épuisé et fait mourir. Les hommes ont encore moins d’intérêt à épuiser le corps social, qui, à la diftérence de l’arbre, peut se défendre.