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ralentissement des vaso-constricteurs (réaction cutanée vasculaire). Certains auteurs ont remarqué, quant à la répartition du sang, que le volume des extrémités augmente dans la fatigue physique, et diminue dans la fatigue intellectuelle.
Le volume du cœur est augmenté ou diminué avec déviation de la pointe en dedans. L’excitabilité cardiaque a été trouvée augmentée sur les animaux fatigués. L'électrocardiographie appliquée à la fatigue n'a pas donné de résultats intéressants.
4° Modifications des réflexes et des temps de réactions nerveuses.
Les réflexes tendineux, dont le siège médullaire n'est plus contesté actuellement sont très influencés par les centres cérébraux qui exercent sur eux une action à la fois tonique et inhibitrice.
Henri PrÉRoN a recherché le seuil du réflexe rotulien et il a trouvé, après un effort laissant une impression de fatigue assez vive, des variations, d’ailleurs faibles mais toujours dans le sens d'une élévation du seuil du réflexe, d’une augmentation de l’inhibition cérébrale, comme après un effort plus bref n'ayant pas engendré de fatigue, et il conclut : « La variation de l'excitabihité réflexe, déterminée d’après le seuil du réflexe rotulien, peut constituer un signe d'épuisement nerveux, de surmenage cérébral, dans le sens d’une diminution d’inhibition, d’une exagération de l’excitabilité médullaire, mais ne paraît guère susceptible de traduire utilement des phénomènes simples de fatigue transitoire. Toutefois ce point mérite confirmation ». D’autres réflexes ont encore été étudiés, tels les réflexes achilléen, galvanopsychique, du clignement de l'œil, oculo-cardiaque, la
réaction du silence respiratoire sur les battements car. diaques, etc.
La fatigue ice et la fatigue physique produisent un ralentissement ou une atténuation de tous les phénomènes psychiques ; le temps de réaction nerveuse s'allonge et ce phénomène serait dû à l’atténuation de l’attention, ce qui a permis à Bucciola de dire que Péquation personnelle pouvait étre considérée comme le dynamomètre de Fattention.
Nous lisons dans la thèse de Denis Corponnier (Laboratoire de Médecine Sociale de Lille) : « Chez un sujet sain, le travail musculaire amène, dans la plupart des cas, des modifications nettes dans la durée des temps de réactions nerveuses. Après une période assez longue de travail, les temps de réactions optiques augmentent dans la proportion du dixième jusqu'au tiers de leur valeur initiale, Les temps de réactions acoustiques augmentent également, mais dans des proportions moins élevées. Contrairement à l'opinion généralement admise, les temps de réactions tactiles diminuent d'une manière assez considérable ». M. Frois et B. CAUBET, étudiant le travail féminin au bottelage des poudres, ont trouvé, dans 63 cas sur 72, une augmentation notable des temps de réaction après le travail, Les écarts entre les mesures des temps de réactions du matin et ceux du soir augmentaient un peu vers la fin de la semaine, Les écarts étaient toujours supérieurs à ceux du sujet témoin. Le repos du dimanche semblait effacer cette fatigue. Amar avait déjà fait des constatations analogues.
M. LAPICQuE a constaté que, dans la fatigue, il y AT augmentation de la chronoxie sans diminution sensible de la rhéobase, et, dit-il, cet allongement de la chronoxie par la fatigue apparaît dans nos expériences comme
assez grand et assez constant pour fournir une preuve et une mesure de cette fatigue des muscles dans des conditions industrielles bien étudiées.
BauER, CoB8. et FORBER, ont recherché les modifications des courbes électrographiques des muscles fatigués ; les oscillations biphoniques passaient de 40, 50 par seconde à 20, 30 et leur amplitude diminuait.
Nos connaissances actuelles sur ces questions étant encore peu avancées, il nous paraît peu prudent de porter des conclusions définitives sur la valeur de ces tests.
B) MODIFICATIONS DU FONCTIONNEMENT PHYSIOLOGIQUE DE SYSTÈMES DÉTERMINES DANS L'ORGANISME.
1° Tests musculaires. — On sait qu’un travail normal « entraîne » les muscles, provoque une plus grande irritabilité de leurs fibres et réduit la période de mise en train qui se traduit chez des débutants par « la raideur » des mouvements. Cette doctrine générale du gain de force des organes au cours ou à la suite d’une activité normale fut déjà formulée, dit AMAR, par CHEYNE et Ramazzini vers 1700. Nous avons vu en étudiant la fatigue physique, les principales modifications qu'éprouve le système musculaire au cours du travail.
La force musculaire et l'endurance diminuent avec la fatigue, la puissance musculaire aussi, Ces résultats sont contrôlés par de nombreuses épreuves de laboratoire. Les ergogrammes ont permis à M"° IoTEyKko de constater les variations du quotient de fatigue, de la précision, de l’amplitude et de la régularité des courbes musculaires.
Le test de MARTIN, qui mesure la diminution de résis-
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tance statique, sert d’indicatif de fatigue, il s'exécute au moyen de tractions effectuées avec un peson à ressort pour vaincre la résistance maxima des groupements musculaires examinés.
Les tests de contrôle et de coordination musculaire se font par l'examen direct du tremblement ou par des appareils ou par l'examen de l'écriture. La coordination motrice est diminuée et le tremblement augmenté dans la fatigue physique ou intellectuelle. Il faut rapprocher les tests de visée et de traçage, effectués avec de nombreux appareïls, trémographe, automatographe, digitoeraphe, pursuitmeter de miles, etc.
La vitesse musculaire (des contractions) s’étudie par le test de tapage, au moyen d'appareils variés et de méthodes diverses. Ce test se rapporte plutôt à l'étude de la vitesse des processus nerveux dit V. DHERS et il ajoute que la plupart des tests ci-dessus énumérés ne mesurent pas toujours ce qu’ils sont sensés mesurer ; ils dépendent trop des conditions expérimentales, des influences physiologiques et psychologiques et notamment de la volonté du sujet. :
20 Tests sensoriels. — (jue l’on doit considérer comme psycho-physiologiques avec les tests psycho-moteurs et les tests intellectuels ou mentaux.
a) SENS MUSCULAIRE. — Il se mesure par l'examen de la position des membres. Un membre étant placé dans une position déterminée, on doit l'y ramener, la différence existant entre la première et la deuxième position exprime les variations du sens des attitudes ; cette différence est augmentée dans la fatigue. On fait aussi l’examen de la station debout (équilibre volitionnel statique de BaBinsxr) les oscillations de l'équilibre sont augmentées dans la fatigue. Ta notion de résistance musculaire
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s'émousse dans la fatigue physique et intellectuelle. LE a appliqué à la recherche de la fatigue l'étude de l’illusion musCculo-visuelle de soupèsement ; elle est sans grande valeur ;
b) SENSIBILITÉ CUTANÉE. — Dans l'examen de la sensibilité à la pression, on a noté une diminution de la discrimination avec la fatigue. L’algésimétrie, étudiée par des excitations variées, a paru diminuée dans la fatigue physique, augmentée dans la fatigue intellectuelle. L’esthésiométrie, mesuree au compas de WEBER ou autres appareils, a donné des résultats divers ;
C) SENSATIONS VISUELLES. — Il faut d’abord vérifier que le fonctionnement du système optique est normal. L'acuité visuelle, mesurée à l'échelle optométrique, a donnée des résultats inconstants. La mesure du champ visuel au périmètre ordinaire, ou de Polack ou de Mourad Krohn, en a montré la diminution avec la fatigue.
La perception des couleurs est diminuée dans la fatigue physique, la plus grande diminution ayant lieu avec le jaune, la plus petite avec le vert, en passant suc: cessivement par le bleu, le violet et le rouge. L'examen de la perception des impressions rétiniennes disparatres, signalé auterfois par P. JANET dans la fatigue, a été repris par H. PIERON qui a étudié le seuil du papillotement rétinien et a trouvé qu'à la suite du travail dynamographique, la persistance augmente brusquement, mais de façon passagère, et diminue après le repos. Cette persistance a été trouvée aussi allongée par d'autres auteurs.
La durée de l’accommodation, mesurée par le test de FeRREI et RAND, c’est-à-dire par l'examen de cercles de raies blanches et noires au seuil de l’acuité visuelle, à été trouvée diminuée avec la. fatigue de l'œil et a accusé
«- plus grandes oscillations. L’étendue du pouvoir d’accoumodation, par la mesure du punctum remotum et du punctum proximum paraît augmentée dans la fatigue physique. L’hippus physiologique nous a semblé augmenté. La mesure de la pupille, la mesure.de la possibilité de vision binoculaire, etc., ont été utilisées sans résultats appréciables ; |
d) SENSATIONS AUDITIVES. — Après avoir constaté l'intégrité des voies acoustiques fait les épreuves de RINN et de WEBER, on a toujours constaté une diminution notable de l’acuité auditive dans la fatigue physique. Les tests de discrimination chromatique, au diapason, dépendent trop de la pratique et de l'éducation musicale du sujet.
V. Duezs déclare que l'attention et la mémoire jouent un rôle trop important dans les seuils sensoriels qui varient en outre avec d’autres facteurs que la fatigue, et il lui semble que pour ces tests ce soit la capacité d’attention qui soit davantage influencée.
30 Tests intellectuels ou mentaux. — Ils sont très nombreux car ils sont généralement d'exécution facile.
a) TESTS D'ATTENTION. — La constance de l'attention est diminuée par la fatigue (méthode de KRAEPELIN).
Le test de barrage aux modalités nombreuses, consiste à barrer plusieurs symboles désignés, il n'a pas donné de grands résultats, et mesure d'autres choses que la fatigue.
Les tests d’énonciation, consistant à dénommer ce qui se présente, ont montré que ce temps d’énonciation et les erreurs augmentent avec la fatigue. H. PIÉRON, qui a étudié ce test en dit que « comme test mental et psycho-physiologique à la fois, permettant d'explorer 4 une façon générale la capacité fonctionnelle de ces
mécanismes cérébraux, il paraît des plus satisfaisants, il est simple, pratique, significatif. I1 semble pouvoir donner un signe de fatigue du fonctionnement des mécanismes d'ajustement cérébral, traduisant avec une assez grande sensibilité une diminution dans la précision et la rapidité de ce fonctionnement. Toutefois, comme tout test mental, il expose à deux causes d'erreur ; l’une est le progrès par apprentissage, l’autre l’inconstance de la bonne volonté des sujets à donner leur effort maximum ».
Le test de Mac DouGaLL qui consiste à pointer une série de cercles de couleurs différentes irrégulièrement distribués sur un cylindre en mouvement, mesure le pouvoir de distribution de l'attention : les erreurs augmentent sensiblement avec la fatigue.
Le test des activités disparates simultanées, consiste à effectuer plusieurs activités en même temps. Le nombre des erreurs augmente avec la fatigue ;
b) TESTS DE MÉMOIRE. — Quelles que soient les méthodes employées, elles sont nombreuses et faciles ; On à noté un ralentissement de la mémoire par la fatigue physique :
C) TESTS D'ASSOCIATION. — Le test des mots associés a montré, dans la fatigue, une diminution des associations qui deviennent pauvres, mécaniques ; de même, dans le test d'imagination qui consiste à remplir les lacunes d’un texte incomplet.
Le test des calculs montre une augmentation des fautes avec ralentissement dans le temps d'exécution dans la fatigue :
d) TESTS DE JUGEMENT. — Le test d'évaluation des temps, fondé sur la mémoire des durées évaluées et la comparaison d’une donnée nouvelle, montre que la per-