LES ŒUVRES SOCIALES
Ainsi que nous venons de le voir, l'employeur ne doit pas se considérer comme libéré de toute redevance quand il a payé son ouvrier. Il doit l'aider dans tous les cas où l'individu isolé ne peut parvenir que diffcilement à ses aspirations légitimes : caisses de retraites, assurances, sociétés sportives, jardins, etc. Dans la plupart des industries les questions d'accidents, de maladies, de la vieillesse, etc., ont été envisagées et parfois admirablement résolues. Dans le travail des temmes, 1l faut encore beaucoup plus d'attention, et il faut dans ces cas, s'occuper de la puériculture et aussi de l'éducation des enfants. Les infirmières industrielles cu les surintendantes d'usine peuvent rendre de grands services, par des visites à domicile, le contrôle de l’hygiène à la maison comme à l'atelier, les conseils qu’elles peuvent donner ; les symptômes morbides qu'elles peuvent signaler, etc...
Nous voudrions qu'on s’intéressät un peu plus au sort des malades chroniques ; la colonie de PAPWORTH, en Angleterre, village de tuberculeux qui travaillent et se soignent, peut nous servir d'exemple. Nous serions heureux aussi qu'on s'occupât de l’utilisation hygiénique des heures de loisir, par la création de jardins ouvriers, de terrains de sports, de jeux, etc. et il serait temps qu'on désalcoolisât la rue, vieux refrain, certes, mais
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chose si capitale, au même titre que la construction d'habitations ouvrières salubres. Toutes les œuvres sociales bien comprises apportent un tel bien-être dans la vie qu'il faut leur réserver une place d'honneur dans un programme français de rationalisation, Les mille riens qui donnent la satisfaction de vivre aux ouvriers français qui ont encore un cœur et une sensibilité sont des facteurs que nous considérons comme de première importance. Le développement prochain des assurances sociales peut apporter dans certains cas une aide importante, mais il ne comblera pas encore toutes les lacures de notre organisation sociale. C’est plus aux industriels qu’au Gouvernement à prendre soin des ouvriers, l'Etat leur assurant son concours efficace, l’opinion publique et la presse les encourageant.
Nous ne pouvons passer sous silence les rapports qui doivent exister entre patrons et ouvriers, qui donnent trop souvent lieu, chez nous, à des conflits nuisibles. La rationalisation du travail demande un double effort des dirigeants d’une part et des ouvriers de l’autre ; il ne faut pas que des luttes iñtestines rendent cet effort stérile. Les industriels, solidement associés et les ouvriers, faisant partie de syndicats puissants, doivent savoir ce qu'ils peuvent donner comme ce qu'ils peuvent obtenir. Leur collaboration -doit permettre, par une saine réglementation du marché du travail, d'éviter le chômage, inconvénient redouté, dit-on, de la rationalisation. Et cependant nous savons qu'une organisation vraiment rationnelle n’entraîne pas de chômage, si elle est faite à une juste cadence et si elle s'accompagne de diverses mesures qui peuvent éviter ce fléau : travaux publics, accès aux situations coloniales, réglementation
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