‹ Le role de la monnaie dans le commerce international et la théorie quantitativeChapitre 2 sur 44 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Le rùle «le la iiiouuaic et l'éiiuntion «le la (Iriiiaiidc.

(( Gold and silvcr liaving been choscn for the gênerai médium of circulation, they are, by the compétition of commerce, distribated in suc/i proportions amongsth the diffèrent countries of the world, as to accomodate tliemselves to the natural traffic wich would take place if no sucli meta/s exiMed^ and the trade between countries were purely a trade oî barter ». Tel est le passage dans lequel Ricardo résume de la façon la plus frappante la théorie qui doit nous occuper. Le sens en est clair : \{\ distribution des métaux précieux dont il est question, c'est celle qui doit s'opérer, confurniément à la lliéorie quantitative, selon les besoins de ki balance coniniorciale : Tinégalité des exportations et des importations, rnns(V[uenro (\c l'ompI(M i\c la monnaie.

donne lieu à des mouvements internationaux de métaux précieux : les pays débiteurs sont obligés d'en exporter ; mais la diminution de leur stock monétaire, qui en résulte, y provoque une augmentation de la valeur du métal, qui se traduit par une baisse des prix dans le pays. Cette baisse des prix intérieurs par rapport aux prix étrangers équivaudra, dans les transactions internationales, à une diminution du coût de production des marchandises indigènes, et permettra de les exporter en plus grande quantité : si bien que les exportations ne tarderont pas à payer de nouveau les importations..., comme si exportations et importations s'échangeaient directement les unes contre les autres, dans un troc. C'est donc la distribution des métaux précieux, telle qu'elle résulte des oscillations de la balance des comptes, qui ramène la balance des comptes à son état d'équilibre. Mais cet état d'équilibre existerait si le commerce international s'opérait sous la forme d'un troc : puisque l'on n'échangerait que des marchandises jugées équivalentes. Et comme le r(51e propre des métaux précieux dans le commerce international, a précisément pour effet, dans notre théorie, de neutraliser les conséquences de son intervention comme intermédiaire des échanges, on peut se demander s'il

lie faut pas cherclier les causes de Téquilibre des échanges internationaux non dans les propriétés de la monnaie, mais dans les conditions générales de l'échange. — C'est seulement si une telle conception peut être écartée qu'il y aura lieu d'étudier rinilucnce des propriétés de la monnaie sur Féquilibre des échanges internationaux.

Une première thèse tend à négliger l'iiiiluence de la monnaie pour considérer seulement l'échange des produits, parce que la monnaie n'est qu'un « intermédiaire » : en effet, une 'transaction n'est achevée que lorsque, l'achat, succédant à la vente vient compléter le troc. C'est le fond de la pensée de J.-B. Say, dans sa théorie des débouchés. Et sans doute, cela est vrai, si nous considérons le groupe tout entier dans lequel circule la monnaie, c'est-à-dire, de nos jours, la terre entière; mais rien ne prouve que la transaction s'achèvera ainsi dans le pays où s'en est effectuée la première partie. Pour le pays qui a exporté du iium(''raire, comme pour l'individu (pii en a déboursé, rien ne prouve que rachèvement de la transaction lui rapportera la somme aliénée. Du fait que la monnaie est un intermédiaire on ne sauiail concluie (jue l'importation est la contre-partie nécessaire de

V exportation^ ou inversement. Lorsque J.-B. Say dit que « l'importation des produits étrangers est favorable à la vente des produits indigènes (1) », il nous rappelle simplement qu'on ne peut faire de commerce que si l'on a des marchandises à échanger.

Mais, pour affirmer, dans cette conception, l'égalité nécessaire des exportations et des importations, il faudrait compter la monnaie parmi les marchandises. C'est bien, en effet, ce caractère de marchandise qui fait de la monnaie non pas un simple instrument de compensation, mais un véritable moyen de règlement, de péréquation des échanges. Mais aussi, la transaction dans laquelle elle est intervenue est achevée pour le pays, comme pour l'individu qui l'a accomplie. Ce n'est pas de son caractère de marchandise qu'on pourrait déduire la tendance à l'équation des échanges internationaux, abstraction faite du numéraire : puisque c'est justement ce caractère qui permet d'opérer des échanges où les autres marchandises ne sont pas en quantités équivalentes. La théorie des débouchés ne peut donc en aucune façon exclure l'hypothèse d'un drainage durable de monnaie et ne prouve pas que, la monnaie mise à part, la

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