‹ Le role de la monnaie dans le commerce international et la théorie quantitativeChapitre 27 sur 44 · Cité parArnauné, op. cit., p · texte numérisé non relu

Cité parArnauné, op. cit., p

'i. Report nf the director of the mint. 1901. Wasliiiigton.

3. La vitesse de la cinulation de la monnaie. Extrait du compte-rendu de l'académie des sciences morales et politiques, p. :>0.

rent (1), et au total, la monnaie métallique y joue un rôle plus considérable (2).

Cependant, de ces indications il semble permis de conclure que le stock métallique ne saurait être, sans erreur grossière, confondu avec la circulation totale qui, d'une façon générale, paraît beaucoup plus considérable que le stock métallique.

L'analyse du mécanisme de la circulation fiduciaire confirme ces conclusions. On ramène généralement les divers instruments de la circulation fiduciaire à deux types essentiels : le chèque et le billet de banque ; et l'on y ajoute, si l'on veut être complet, les effets de commerce proprement dits. Cette classification peut nous

1. En France et en Allemagne, une partie des opérations qui, en Angleterre incombent auClearinghouse, sont effectuées par les virements de comptes effectués par la banque et ses succursales.

2. Les évaluations globales delà circulation ne mentionnent, en dehors des espèces métalliques, que les billets ; leur proportion a beaucoup augmenté, notamment en France. Cf. Economiste Français, 1898, p. 67. — de Foville. Quant aux compensations, il est admis qu'elles ont une bien moindre importance dans les pays du continent qu'en Angleterre ou aux Etats-Unis.

Proportion des billets aux espèces en France : Enquête de 1885 67,03 O'O ; 1891 : 80,ol 0/0; 1897, 84,21 0/0.

servir de cadre. Recherchons d'abord dans quelle mesure ces divers instruments d'échange font que le stock monétaire ne peut pas être confondu avec le stock de monnaie métallique.

Le l)illt'l (le banque n'csl, en princi[)C, qu'un billet à vue, poui-vu du cours légal. Cependant, il est convertible ; et l'on a pu dire que, comme tout effet de commerce, il n'est qu'une « promesse de payer ». Mais, en fait, dans des circonstances normales, on n'en demande généralement pas le remboursement, du moins pour les besoins intérieui's. La circulation peut donc dépasser le montant de l'encaisse. Et cette circulation à découvert constitue, au point de vue économique, une véritable monnaie supplémentaire, (pli vient s'ajouter au stock métallique.

Le chèque est un ordre de payer. Il suppose une provision c'est-à-dire un dépôts généralement elTeclué dans luie ban({ue. Et c'est préci- S(''iiii'nl la r(''iiiii(»n dans nu (''lablisseincnl d'un iii-and nombre de dépôts qui donne à l'usage du chèque toi lie sa val(Mir économique.

Car, si le chèque n'avait d'autre efîet que de permettre à un commerçant de porter ses fonds aubaniiuicr cl de faire régler ses comptes

par le caissier de la banque, la même somme de monnaie serait employée que si le commerçant conservait ses fonds dans sa propre caisse et payait lui-même ses créanciers. Mais la réunion d'un grand nombre de déposants qui sont réciproquement créanciers et débiteurs les uns des autres permet d'effectuer beaucoup de règlements par simple compensation. Les banquiers eux-mêmes compensent une grande partie de leurs engagements réciproques (rôle des clearing houses et des grandes banques) (1). Aussi les banquiers n'ont pas besoin de conserver dans leurs caisses la totalité des sommes déposées par leurs clients. Il leur suffit d'en garder une faible partie pour solder les créances qui ne se compenseraient pas immédiatement ; et, par les diverses opérations de banque (escomptes, — prêts à court terme ou autres) ils rendent la plus forte partie des sommes déposées à la circulation.

La première conclusion à tirer de l'étude de ce mécanisme est que Tusage du chèque et des dépôts en banque n'est pas seulement un procédé moderne et plus rapide de transport du

\. Une grande partie du rôle du Clearing houseet du country clearing de Londres est remplie en France et en Allemagne par la banque centrale avec ses mandats de virement et son réseau de succursales en province.

numéraire mais qu'?7 ajoute aussi à la circulation un plènicnt distinct du stock mctallir/ue.

Les eUV'ls de cuiiuucrce endossables viennent ajouter à la circulation une masse notable, en relation directe avec les besoins des affaires et dont la création est indépendante du stock monétaire. Sfuis doute ils ne sont qu'une promesse de [)ayer ; mais, [)ar rendossemcnt, cette promesse de payer peut opérer un grand nond)rede paiements par compensation avant d'exiger l'intervention du numéraire ; et encore, à l'échéance, les effets de commerce sont souvent compensés entre eux par le banquier chargé d'en recouvrer le montant.

11 est vrai que l'escompte, comme tout prêt d'argent, crée une demande de numéraire ; nous verrons que le billet de banque y répond, au moins en partie ; et d'ailleurs cette demande de numéi'aire est la conséquence non de l'usage des effets de commerce mais du ci-édit lui-même. Gomme le chèque, les effets de commerce permettent d'opérer par des modes divers (endossements, virements de comptes, etc.) des com- [xMisnlions sans recourir à la monnaie; ils on! donc anssi pour efl'et de rendie libre une '/rande partie des espèces métallicjues qui seraient employées à régler séparément créances et det-

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tes, si le crédit, ou, plus exactement, la compensation n'intervenait pas. La somme, relativement minime, de dépôts que les banques doivent conserver pour régler les dettes dont la contrepartie ne se présente pas immédiatement suffit donc pour régler en même temps les transactions beaucoup plus nombreuses qui se compensent. Ainsi, tandis que V efficacité des espèces déposées est mtiltipUée par le mécanisme du crédit^ l'excédent disponible (jrossit la circulation.

En résumé^ tout le système fiduciaire ^ billets de banque, chèques, effets de commerce, ne paraît donc pas seulement accroître la rapidité de circulation des espèces métalliques, mais il semble ajouter véritcdjlement au stock monétaire des éléments distincts.

De cette constatation résulte une première conséquence : c'est que le stock monétaire grossi, par la monnaie fiduciaire, est bien plus considérable que s'il ne comprenait que les espèces métalliques ; et l'on pourrait en conclure que les mouvements internationaux du numéraire métallique l'augmentent ou le diminuent relativement beaucoup moins.

Cependant une telle déduction n'est pas nécessairement légitime ; car elle implique un postu-

lat : elle suppose que les exportations et importations de métaux précieux n'agissent que par la quantité qu'ils font perdre ou gagner à l'ensemble d'une circulation considérée conmie homogène. Mais il fautse demander si, en dehors de riiilliience dirrcle (|n'une addition on iiiie soustraction cl(^ nninéraire peut exercer sur l'ensemble de la circulalion, clic n'atteint pas la monnaie fiduciaire par r intermédiaire du stock métallique.

Les adeptes modernes de la théorie ricardienne, R. Giffen (1), Bastablc, sont disposés à répondre sommairement, étant donné le lien qui unit le mécanisme fiduciaire au stock métalli- (lue, que « en définitive, nous revenons à la ({uantité de monnaie, c'est-à-dire de métaux précieux comme à l'élément dernier qui, plus que toute autre chose, tend à changer les prix » (2).

Pour savoir quelle est la valeur de cette conception, il faut rechercher quel est le lien qui unit la circulation fiduciaire à la circnlalioii métallique, et procéder à une analyse minutieuse des relations qui existent entre le stock m(''lalli(pie et la circulation dite fiduciaire.

Essavons donc de déterminer dans (jnelle

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