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C'est toujours le même exemple schématique

2, Appendice, p. 42.

des consommafeiirp do part et d'autre de telle sorte que les quanti lés irarticles étrangers exigées par chaque pays vont suffire ejcactementkse payer réciproquement ».

Suivent les développements où railleur fait rentrer dans son hypothèse les frais de transport et un nombre indéterminé de marchandises et de nations.

Puis il conclut, au § 5 du même chapitre : « La loi que nous avons mise en lumière peut être dénommée avec exactitude l'équation de la demande internationale. Elle peut être énoncée brièvement comme suit : Les produits d'un pays s'échangent contre ceux des autres pays selon les valeurs exigées pour que la somme de leurs exportations paie exaetement celle de leurs importations. Cette loi des valeurs internationales n'est qu'une extension de la loi de la valeur appelée Téquation de l'offre et de la demande... ».

La question posée au début qs\, cq\\q-c\ : « dans quelles proportions s'échangeront les deux marcliandises ? » c'est-à-dire dans quel rapport la valeur d'échange des deux marchandises entre elles se fixer a-t-elle"^ selon quel principe s'établira le point d'équilibre? — Il s'agit donc ici, étant donné qu'il y a échange^ c'est-à-dire équilibre, de rechercher dans quel rapport se fixera

la valeur d'échange ; et l'on ne voit pas le lien qui existe entre cette question et celle qui se posera à propos du commerce avec monnaie c'est-à-dire du commerce réel : y a-t-il une tendance à l'équilibre ? à l'équivalence des quantités fournies de part et d'autre ? doit-il y avoir équation de la demande internationale?

Mais une autre idée se fait jour dans la démonstration de l'auteur : il semble qu'en cherchant à définir le principe selon lequel sera déterminé Je rcipport d'échange il prétende démontrer qu'il y ci un principe d'écpdlibrey qu'il doit y avoir équation de la demande internationale. Il indique en effet que « la baisse des produits — dans le pays dont les besoins étaient supérieurs à ses importations — fera augmenter la demande de l'étranger... etc. jusqu'à ce que le rapport d'échange se soit lui-même ajusté de manière que les deux marchandises se paient exactement. »

Et, revenant à la valeur d'échange, il conclut qu'elle va « s'adapter aux besoins des consommateurs de part et d'autre, de telle sorte que les quantités d'articles étrangers exigées par chaque pays vont suffire à se payer réciproquement ».

L'auteur a donc, pour formuler le principe qui règle la valeur d'échange internationale,

voulu établir d'alxtr-d (/ii'U ij (irait c(jiiation de la demande internationale ; et c'esl, d'après lui, dans la nécessité de cet équilibre qu'est le principe qui détermine le rapport d'échange.

St. Mill passe ensuite du li-nc au commerce tel qu'il a lieu en réalité, au commerce avec monnaie (Gh. XXI intitulé : De la cUsti'ihutiun des métaux précieux dans le m.onde commercial). Il pense compléter son hypothèse première par l'introduction de la monnaie, qui, îi étant qu'une marchandise ajoutée aux autres, ne doit vi-aisemblcdjlement pas altérer les conclusions précédentes. — Et, en effet, lorsque la balance devient défavorable, c'est-à-dire lorsqu'un pays a imp()rl('' [)0ur une valeur supérieure à son exportation, ([ue se passe-t-il ? — Sans doute, il obtient les importations additionnelles au mémo i)i-ix ({u'auparavani el les [)aie en monnaie ; mais la ditïérence entre ce processus et celui du troc est toute « extérieure ». Le mécanisme est essentiellement le même, car le transfert (h^s métaux précieux fait diminuer la circulation dans le pays débilcur; d'où baisse des })rix. — C'esl la thèse même de Ricardo. — Cette baisse des prix provoque un accroissement de demande, et l'équilibre se trouve rétabli, l'excédent des besoins se trouve satisfait en

vendant les marchandises à meilleur compte, c'est-à-dire, comme clans le cas prèeédent, par Valtération du rapport d'échange au détriment du pays débiteur. Et l'auteur conclut : « C'est le processus même qui se réalisait dans notre hypothèse première du troc. Non seulement le commerce inLernational tend au même équilibre entre importations et exportations, que la monnaie soit employée ou non, mais les moyens d'établir cet équilibre sont essentiellement les mêmes : le pays dont les exportations ne sont pas suffisantes pour payer les importations les offre à des conditions plus avantageuses, — jusqu'à ce qu'il réussisse à provoquer la demande nécessaire ; en d'autres termes l'équation de la demande internationale est, aussi bien sous le régime de la monnaie que sous celui du troc^ la loi du commerce international ».

Puis il ajoute, au § 2 du même chapitre : « il apparaît ainsi que la loi des valeurs internationales^ et par conséquent la répartition des avantages du commerce entre les nations intéressées, est la même dans l'hypothèse de la monnaie que dans celle du troe ».

Il y aurait donc d'après St. Mill, dans le cas d'un troc et dans celui d'un commerce avec monnaie, la même tendance à l'équilibre des importations et des exportations qu'il appelle

loi de l'équation de la demande inlernationaie.

Et, dans les deux systèmes, les valeurs internationales seraient régies par le même principe qui serait dans cette loi de l'équation de la demande : « Les produits d'un pays s'échangent conlre ceux des autres [)ays, à des valeurs exigées par la nécessité de payer la totalité des importations par la totalité des ex[)ortationy ».

Dans cet exposé intégral de la théorie, où elle apparaît sous son double aspect : loi d'équilibre, et loi de la valeur, la contradiction commence peut-être à percer son voile d'obscurité.

Reprenons le chapitre XVIII où est examiné le cas hypothétique d'un troc :

Au début, nous trouvons cette question : « dans quelles proportions s'échangeront les deux marchandises ? » (problème des valeurs internationales). Puis, en cherchant à dégager \q principe selon lequel se fixe le rapporta' échange^ l'auteur croit découvrir un principe d'ècpdlihre^ d'équation ; il croit [)rouver l'équivalence nécessaire des importations et des exportations.

Et c'est cette équation nécessaire de la demande internationale qui, d'après lui, est le principe même des valeurs internationales ;

c'est elle qui fixe les conditions dans lesquelles s'établit le rapport d'échange.

Or cette prétendue démonstration est doublement fausse :

i" St. Mill n'a nullement établi une loi de l'équation de la demande internationale. Il n'a pas démontré qu'il y eût une tendance à l'équivalence des importations et des exportations. En effet il suppose que ses deux marchandises s'échajigent l'une contre l'ciuire (pour qu'elles aient le même rapport d'échange dans les deux pays et pour qu'il cherche à déterminer ce rapport, il faut bien en effet qu'elles s'échangent l'une contre l'autre). Il suppose qu'elles doivent néeessairennent se payer l'une l'autre : puisqu'il déclare que le seul n^oyen pour un pays d'acquérir une plus gi'ande quantité de marchandises étrangères est d'offrir un plus grand nombre de ses produits. Et c'est sur cette idée d'échange, sur cette nécessité de payer la totalité des importations par la totalité des exportations, qu'est fondée sa prétendue démonstration de l'équilibre. En effet, un pays n'aurait pas besoin d'altérer le rapport d'échange à son propre désavantage pour stimuler la demande étrangère, s'il n'était obligé de payer les marchandises qu'il reçoit par d'autres marchandises, si réquivalonce des importa-

tions ot des exportations n'était pas nécessaire. Cette démonstration de l'é(iiiilil)i"e (1) repose snr une donnée qni le contient par définition ; et toute cette argumentation est une pure pétition de principe.

Toiil ce ({n'ellc peut conlenii- c'esl riiidicatioii des causes (|ui pcuvoiil aLîii- sui* la (N'Icfiiiination du ia|)p(>rt d'échange, l'échange (Maiit donné, comme il l'est, en effel, en riiypollirsc. lùitre ce processus et celui ([ui est fondé sur les propriétés de la monnaie il y a donc non un lien logique, mais seulement une grossière symétrie.

2° Même s'il était prouvé que les importalions et les exporlations tendent à l'équilibre, ce n'est pas de cette écpiation de fait (ju'on poiirrail tirer la théorie des valeurs internationales. Ce dernier point sera démontré dans le cliapitre suivant. Remarquons seulement que si la loi de l'équation de la demande, qui ne figurait ici que pour justifier rada()li()n d'une théorie des valeurs, fondée sur la notion de troc, au commerce international, est réfutée, tout ce passage n'est qu'une

I. l/exciMplc cliuisi est d'ailleurs ahsolmiiciit arl)itranv, voir le texte en appendice et les expressions perhaps |)Ossil)Iv, probal)ily, etc. Et l'assertion finale que le principe* régulateur agira jusqu'à ce que les importations et les exportations se paient exactement ne peut reposer que sur l'idée latente de l'équivalence nécessaire impliquée parcelle d'échange.

répétition pure et simple de la loi dite de l'offre et de la demande, dans le cas d'un troc proprement dit, sans aucune application au commerce international, avec ou sans monnaie.

Pour limiter notre conclusion à notre objet immédiat, disons que la théorie des valeurs internationales de St. Mill nous apparaît comme fausse, dans sa tentative de formuler une loi de l'équation de la demande internationale.

L'erreur me paraît procéder évidemment de la confusion entre le commerce sans monnaie et l'échange (1) ou troc. Aussi importe-t-il d'analyser ici avec précision le concept qu'expriment généralement les mots échange ou troc.

Il implique d'abord un transfert réciproque de marchandises : le producteur et le cosommateursont des personnes différentes et celui qui produit l'une des marchandises consomme l'autre (2). S'il subsiste une obligation (3), créance pour l'une des parties, dette pour l'autre, les objets fournis par chacune d'elles ne sont pas considérés comme échangés, au sens exact du

1. Commerce sans monnaie et échange sont manilestement synonymes pour St. Mill.

2. Consommation au sens le plus large, exprimant un emploi quelconque.

3. Qu'elle soit ou non réglée par de la monnaie, peu importe.

mot, riiii conlro raiilrc. I/idôe désignée parles leniies échange, on troc contient donc, dans l'usage général, non seulement le transfert réciproque mais l'cgalih'' de valeur, Véiiuimdence. Si le mol troc est employé pour désigner des Iraiisaclidiis dû la monnaie n'intervient pas, il ajoute généralement à cette idée celle de l'équivalence des objets fournis, parce que, en fait, dans un régime économique où la monnaie lait défaut, la difficulté de laisser subsister une créance invile chaque coéchangiste à n'accepter que des articles représentante ses yeux la valeur intégrale de ce (|u'il a fourni.

Simple question de terminologie, sans doute ! Et un auteur a le di'oil de désigner un simple transfert réciproque indépendamment de toute idée d'équivalence parle mot échange ou troc, sous la seule condition de le définir ainsi. Mais il ne doit pas, lorsqu'il envisage seulement l'idée d'un transfert réciproque, enq)runter au mot troc l'idée d'équivalence que l'usage y enferme. Or c'est précisément ce qu'a fait St. Mill.

Son argumcnlalion, qui est incompréhensible, ne peut s'explicjuer (jiu^ par la confusion de deux problèmes, ayant des données logiquement distinctes, mais confondues dans la même notion

vague d'échange. Il me paraît indispensable, pour mettre l'erreur à jour, de discerner deux thèses, dont la première seule est exprimée intégralement.

Première thèse. 1" Dotinée : Deux marchandises s'échangent l'une contre l'autre (elles sont donc équivalentes par définition), les quantités sont inconnues.

2° Question. Gomment se fixera la proportion de ces quantités ? Quel sera le rapport d'échange ?

3° Réponse. Il sera déterminé par la nécessité de l'équation (c'est-à-dire par la loi de l'offre et de la demande, qui indique le rapport dans lequel se fixe l'échange).

Deuxième thèse. 1° Donnée {Elle n'est pas exprimée. En fait, c'est la donnée delà première thèse qui est empruntée).

2° Question. Les quantités des marchandises fournies de part et d'autre sont-elles équivalentes ?

S'' Réponse. Oui, car la modification du rapport d'échange va faire augmenter la demande étrangère, jusqu'à ce que le rapport d'échange se soit ajusté de telle sorte que les deux marchandises se paient exactement.

Nous avons déjà réfuté ce raisonnement : le processus par lequel St. Mill prétend expliquer

r équation du la elcuiaiule (ij, il a de sens qiœdan^ l'hypothèse de l'échange (donnée de la première llièse); il démonlre non VéqmWjve lui-même^ qui est contenu dans l'échange^ mais le point ou, selon la loi de rufiVo et de la demande, doit se fixer cet équilibre (première thèse). 11 est concevable que, en offrant sa marchandise selon un rapport d'échange plus avantageux pour la contre-partie, Tun des coéchangistes obtienne un accroissement de la somme des transactions. Mais, qu'il l'obtienne ou non, il y aura toujours èquiUbre, puisque chacune des parties ne fournira et ne /'ecec/^a jamais que des oh]Q[?> j u.g es équivalents par l'autre. Or, cet élément psychologique, le jugement de l'équivalence, qui est antérieur à l'échange, et qui en relie les deux termes, y«Y7 défaut dans le commerce inte/'national, où la quantité des marchandises fournies et reçues n^estpas connue et réglée d'avance par un contrat. St. Mill se trouve donc obligé, dans son hypothèse du troc, d'introduire cette circonstance irréelle, en posant lu ([uestion dans ces ternies : « si un t)ays veut se procure/' une quantité de marchandises inqjortées plus considérable f{uo la quantité de pi'oduils exportés.... » El

1. Et qui consiste à offrir ses marchandises à meilleur compte, etc. Il est d'ailleurs logiquement contestable.

Nocaro 3

il raisonne dans l'hypothèse où ce pays, ayant besoin d'accroître ses importations, marchande d'avance avec le coéchangiste : tandis qn'en réalité il faut se demander ce qui arrive quand un pays se trouve avoir importé plus qu'il n'a exporté.

En se plaçant dans cette hypothèse. St. Mill 7ie fait pas setdement abstraction de la monnaie: mais il change complètement la donnée réelle ; et, pour revenir à la réalité, il n'aurait pas seulement à faire rentrer la monnaie dans ce cas supposé : il faudrait rétablir toutes les données, et prouver que le mécanisme réel se ramène logiquement au processus imaginaire d'un troc.

Il change, disons-nous, complètement la donnée réelle : en effet, dans le problème du commerce international, ce qui est posé, c'est une certaine somme d'exportations et une certaine somme d'importations, — quantités connues ou inconnues, mais déterminées^ et non pas variables; et la question est de savoir si ces quantités, ^z^ées d'avance indépend emmerd l'une de l'autre, tendent à être équivalentes. Ce problème, que Ricardo a pensé résoudre en s'appuyant sur les propriétés de la monnaie métallique, St. Mill prétend l'établir sur une base plus large en faisant abstraction de la monnaie. Et vraisemblablement, il a cru la question légitime parce que, dans son

hypothèse, les quantités ne sont pas déterminées d'avance : du drap s'échange contre de la toile ; mais il n'a pas pris garde que, en parlant d'échange, il s'accordait réqtdvalence qu'il s'agit de démontrer ; et que, enjàisant varier, au gré de l'offre et de la demande, les quantités fournies, il sortait complètement de la donnée réelle et passait inconsciemment du commerce sans monnaie au troc.

Dans le cas, où il croyait se placer, d'un commerce sans monnaie, le problème ne pouvait se poser logiquement qu'en ces termes : deux pays ayant exporté et importé certaines quantités de marchandises déterminées, ces quantités tendentelles à être équivalentes ? Or, si^ au lieu d'emprunter, par une pétition de principe, la donnée d'un autre problème. St. Mill avait opéré sur celle que présente la réalité^ il eût vu qu'elle ne contenait aucun élément qui permit de trouver la réponse, et qu'un tel problème ne saurait être résolu qu'à la façon d'une devinette.

L'analyse de toute cette argumentation et la disjonction des deux thèses qui y sont confondues réduit donc celle tentative de démontrer l'équilibre de la balance des comptes, en ramenant le mécanisme intime du commerce international à un troc, à un iruismo cl à une pclilion de principe :

Une pétition de pi'incipe, car la « démonstration » de la tendance à l'équilibre, dans le cas d'un commerce sans monnaie, est fondée sur une hypothèse qui contient la réponse : la notion du troc, telle que l'adopte St. Mill, implique l'équivalence.

Un truisme^ car, dans le cas d'un troc, l'équivalence n'a pas à être démontrée : elle est, par définition.

Concluons : il n'est pas possible de ne considérer dans le commerce international que le fait de rechange.

Le commerce international ne peut, en ce qui concerne r équilibre de la balance des comptes, se réduire à la conception d'un troc. L'effort de St. Mill pour donner à la théorie ricardienne une base plus large fondée sur les conditions générales de l'échange est donc absolument vain, il n'y a aucun lien logique entre le processus du troc et celui du commerce international. Et c'est à Ricardo que nous devrons revenir pour examiner le fondement de la doctrine de l'équation de la demande internationale.

Dans cet examen critique, nous n'avons pas fait mention des objections qui ont été adressées à la théorie de St. Mill, parce qu'elles

visent ,iz-én(''i';il('iii(Mil la lli(M)rie des valeurs iiiternaliouales prupreiiieiit dite. Une place doit être cependant faite ici à M. Sliadwell qui aurait reconnu, à ce que rapporte M. Bastable (1), que, « en fait, l'équation des demandes internationales, loin (Fèlre un iiiipi n'Ianl i-ésullat, est simplement un truisme ». Mais, répond AI. Bastable, « la Ihéorie de Mill ne consiste pas simplement dans l'équation des demandes réciproques, mais dans l'indication des forces que agissent pour produire cette é(j((ation ». Là est précisément l'erreur de M. Bastable, et de son maître St. Mill : car cette indication des forces repose sur une pétition de principe. Il n'était peut-être pas inutile de le démontrer.

De cette théorie des valeurs internationales, nous avons examiné, dans la « loi » de ré([uation de la demande, la jtarlie qui importe le plus à la solution de notre sujet. Cependant, pour déterminer exactement la conceplinn ricardicime du rôle de la monnaie dans le commerce international, il ne nous paraît pas superllu de consacrer maintenant notre attention à la Ihéorie proprement dite des valeurs internationales.

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