CONCLUSIONS
1° La tuberculose pulmonaire réagit sur le caractère de façons différentes, suivant les sujets. Chez certains elle peut amener une hyperexcitation qui porte sur l’activité motrice, sur le sens génésique, sur la sensibilité, enfin sur l'intelligence. La mémoire, le jugement, le raisonnement, le sens cri-
tique sont exaltés en même iemps que le sens du
beau,
2° De grands génies, morts poitrinaires, se sont surpassés durant leur maladie. Trois sont remarquables à cet égard. Watteau qui contracta la tuberculose par une vie de misère, innova en peinture, et créa quand le mal devint patent. II lui donna une fièvre de travail en même temps qu’un caractère mélancolique, irritable et inquiet. Il ne cessa de travailler jusqu’à sa mort.
Carriès mena aussi une vie de misère et mourut de tuberculose. On retrouve chez lui la fièvre de travail, la recherche de procédés nouveaux et d'idées nouvelles. Il en vint à réaliser des masques
d'horreur monstres hideux, grimaçants, à aspect bestial.
Amiel affaibli, déprimé, mélancolique, du fait de la tuberculose, passa sa vie à s’introspecter. Son journal dépeint son caractère pessimiste et rêveur.
Nombreux furent les géniaux poitrinaires.
Nous n'avons malheureusement le plus souvent sur eux que des renseignements insuffisants.
3° Une excitation mentale cause ce changement de caractère. Même fait s’observe au début de la paralysie générale et aussi à la suite de traumatismes du crâne, d’hydrocéphalie légère, de synostose des sutures craniennes, etc.
L'excitation peut être produite par une lésion organique comme celle due à un mal de Pott, à la pachyméningite syphilitique, etc...
Mais elle est plus souvent due à des toxines comme ce serait le cas dans la P. G. ; et la tuberculose.
Quelle que soit la cause de l'excitation, il faut reconnaître qu'elle n’a d'influence favorable que si elle a affaire à un bon terrain, c’est-à-dire à un cerveau apte à en profiter.
Vu : Le Doyen, Vu : Le Président de Thèse, G. Roussy. BEZANÇON.
Vu et permis d'imprimer : Le Recteur de l’Académie de Paris,