‹ Le rôle de la tuberculose dans l'œuvre artisteChapitre 16 sur 19 · ALTER · texte numérisé non relu

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Ces manifestations peuvent être précoces. La syphilis s'accompagne d'irritation des méninges du 15° au 20° jour. Dès le chancre, il y a leucocytose du liquide céphalo rachidien et, à l’autopsie, quelques semaines après le chancre, on peut trouver déjà une méningo-encéphalite. On ne sera donc pas étonné que, dès ce moment, on püisse observer un changement de caractère se traduisant par une excitation mentale, une confiance en soi, de l’orgueil, en même temps que des céphalagies, des insomnies.

Quelle est la cause de cette excitation ?

Les anciens aliénistes attribuaient l'excitation mentale dans la P.G. à l’irritation inflammatoire de l’encéphale. Pour Ravaut les méninges sont d’abord atteintes, pour Sicard et Sézary le tréponème attaque d’abord le cerveau.

Aujourd'hui on tend à admettre que l'excitation mentale est due aux toxines qui produisent un trouble fonctionnel avec absence possible de lésions organiques.

À la phase d’excitation mentale succède une phase de dépression et, depuis le succès du traitement par la malariathérapie, il apparait que cette dépression est due elle aussi aux toxines et non, comme o nl'avait dit, à l’altération des neurones.

En effet, des P.G., parvenus à une période avancée de leur mal, s’améliorent au point que, em-

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ployés de banque, ils récupèrent la faculté de faire des calculs compliqués et que, militaires, ils retrouvent la faculté de commander et de diriger leurs troupes. Cette amélioration survient rapide après le traitement. On ne peut donc plus parler de rééducation. Les neurones, qui semblaient gravement touchés, n’avaient qu’une incapacité fonctionnelle : ils récupèrent leurs facultés une fois débarrassés d’un excès de toxines. >

Si l’on compare l'excitation produite par la tuberculose à celle de la P.G., on révèle les mêmes causes.

Parfois il s’agit d’une lésion organique; un mal de Pott peut irriter la moelle épinière et produire une excitation sexuelle.

Les toxines sont souvent en cause. On ne peut expliquer que, par elles, l'excitation qui persiste jusqu'à leur mort, chez des phtisiques épuisés.

I faudrait enfin faire intervenir une troisième cause spéciale à cette maladie : un état subfébrile.

Le D' Amesein (1) d’Amrosa (Suisse) a vu que les excités sexuels étaient subfébriles. (387,5 à 37,9 dans 68 observations.) Au contraire, les tuberculeux apyrétiques ou franchement fébriles, au-dessus de

(G) Chronique médicale, 1909, p' 700.

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38, n'ont aucune excitation génésique. Cette explication est aussi valable pour les autres phénomènes de l’hyperexcitation.

Il faut d’ailleurs élargir la question. L'excitalion morbide peut être causée par d’autres maladies qui amènent des lésions organiques.

Sans admettre avec Lombroso que le génie est de l’épilepsie, il faut reconnaître qu’il peut s’accompagner de ce mal. Il peut voisiner avec l’hydrocéphalie.

Rabenstein fut atteint dans son enfance d’hydrocéphalie légère. À l’autopsie du physicien Helmohltz, Hanssemann constate l’adhérence des méninges à la voûte crânienne et des ventricules très dilatés, restes d’une hydrocéphalie ancienne. De son vivant Helmholtz était sujet à des légères syncopes qu'il considérait comme épileptoïdes.

On a également cité des cas de traumatisme du crâne survenu dans l’enfance. Vico eut dans sa jeunesse le pariétal droit fracturé. Mabillon, enfant, imbécile, se transforma à la suite d’une blessure à la tête. Grétry, médiocre chanteur, devint un grand maître après qu'une poutre lui eût abimé la tête. À l’âge de sept ans le chimiste Perthelot se fit, en tombant, une blessure au front, qui laissa une dépression osseuse, etc.

Dans le même groupe, il faut ranger les gé-

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niaux à la tête difforme à la suite de synostoses, de sutures du crâne : Micktel était plagiocéphale, Walter Scott acrocéphale.

À l'opposé on rapprochera de l'excitation pathologique fonctionnelle celle que beaucoup d'artistes se procurent par des moyens physiques.

Ceux-ci ne peuvent produire qu’en marchant pour faire affluer le sang à la tête. D’autres, comme Bossuel, s’enveloppent la tête de linges chauds, ou, comme Schiller et Grétry, mettent leurs pieds dans la glace, etc.

Certains recourent à des poisons, l’opium, le haschich, l'alcool... excitants dangereux, qui donnent une excitation passagère, puis un engourdissement profond des facultés psychiques.

L'excitation cérébrale morbide peut survenir sous l'influence de plusieurs pathogénies.

Mais il ne faudrait pas croire que l'excitation suffit à elle seule à engendrer le génie. Elle n’agit que comme un coup de fouet et il n’a de valeur que s’il est donné à un cerveau fertile.

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